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07 juillet 2012

Fin de l'histoire de M. C : un homme en reconnaissance

Fin de l'histoire de M. C : un  Décodage identitaire

De ces entretiens, j’entends aussi cette demande de reconnaissance insistante. D’abord il me dit « qui êtes-vous ? » en me questionnant sur mon identité, puis « pourriez-vous être quelqu’un d’autre qu’une assistante sociale pour moi ? » (en n’ouvrant pas ses courriers) et enfin « moi je vais vous dire qui je suis, je ne suis pas qu’un usager du service social ».
Il y a bien là l’expression d’une demande de reconnaissance identitaire multiple.
Dans sa publication, Mr Lipiansky (sociologue) nous détaille les différents besoins identitaires exprimés dans la demande de reconnaissance : le besoin d’existence, le besoin d’intégration, le besoin de valorisation, le besoin de contrôle, le besoin d’individuation.
L. Freud

Il explique que « La satisfaction  de ces besoins (qui peuvent être convergents, mais aussi, conflictuels) suscite des « stratégies identitaires » diverses, mais on peut les ramener à deux grandes motivations : la maximisation des profits narcissiques (qui passe par la visibilité, la valorisation, l’individuation) ou la minimisation des risques de « blessures » (qui passe par la mise au premier plan de la conformisation, de l’anonymisation, du contrôle de soi). »

De cette approche théorique, je fais le lien avec ma pratique, en particulier avec Mr C., et je me demande si les accompagnements sociaux n’engendreraient pas  dans un premier temps une stratégie identitaire de type « minimisation des risques de blessures » visant à inscrire l’individu dans la relation dans l’acceptation du cadre proposé par le professionnel.

L. Freud
L’individu se conforme à ce que le service social attend de lui, il accepte alors d’être un parmi d’autres au sein du service, il minimise ainsi les risques de blessures identitaires possibles par le regard de l’autre. Si  le  professionnel  en face de lui le reconnaît uniquement dans cette identité « d’assisté social », selon le terme employé par M. Messu, il n’y aurait peut être pas d’autres demandes de reconnaissance.
Seulement voilà, la relation qui se construit et s’affine entretien après entretien est construite de mots (de maux) qui se disent, de confidences plus ou moins confidentielles, d’attente de réponses, de demandes explicites ou implicites ; cet « assisté social » se met en quête d’une autre reconnaissance dans le but de (re)construire une image de lui-même.
« On est donc amené à dire que toute situation d’assistance sociale, quelle que soit par ailleurs l’ampleur de la relation entretenue avec le professionnel, met en demeure celui qui la connaît de se repenser lui-même, de confronter l’image qu’il veut donner de lui à celle qu’il livre effectivement aux autres, d’ajuster ses attributs identitaires revendiqués à la situation qui est - désormais- la sienne. En somme, à rendre congruentes images de soi pour soi et image de soi pour autrui. »[1]
Il me semble que ce mécanisme identitaire est possible dans une relation inscrite dans une certaine durée entre le professionnel et l’usager.

Ainsi avec le temps qui passe, on assiste à une autre demande de reconnaissance revendiquée par l’assouvissement de besoins tels que les a repérés Mr Lipiansky. On se retrouve face à des individus qui passent à la seconde motivation en terme de stratégie identitaire, c'est-à-dire celle qui maximise les profits narcissiques.

C’est ce que je repère concernant Mr C, il veut être visible autrement à mes yeux, il veut être valorisé autrement que comme usager du service social. Il en va du travail de congruence qu’il fait entre l’image qu’il a de lui-même et l’image qu’il voudrait que j’aie de lui.
 Isabelle Farcy-Haïd 

Merci à Isabelle de nous avoir livré une partie de son mémoire : "De l’accompagnement social à l’autonomie , Il était une fois…la relation"
 (D.U. Penser le travail social / Université Toulon Var/ 2010)


[1] Op. Cité Michel Messu – « apprendre à être soi lorsqu’on est un assisté social » p.109.

Toutes les illustrations de ce post, et des précédents sur l'Histoire de monsieur C., sont des portraits de Lucian FREUD (1922/2011)

06 juillet 2012

Monsieur C : un homme en reconnaissance (3)

par Isabelle Farcy-Haïd

Mr C .me demande de sortir de ma fonction.  Il me met en position de toute puissance, il veut être totalement pris en charge.
Dans un premier temps je fûs submergée par un sentiment d’agacement face à ce comportement infantile : « il me prend pour sa mère ! ».
                                 
De ce ressenti je décode le mécanisme du transfert. Mr C. désire que je prenne la place de cette mère : « occupe-toi de moi ».

Sur le transfert FREUD précise : Il est entendu que nous ne cédons pas aux exigences du malade découlant du transfert ; mais il serait absurde de les repousser amicalement ou avec colère. Nous surmontons le transfert, en montrant au malade que ses sentiments, au lieu d’être produits par la situation actuelle et de s’appliquer à la personne du médecin, ne font que reproduire une situation dans laquelle il s’était déjà trouvé auparavant. Nous le forçons ainsi à remonter de cette reproduction au souvenir. »[1]  

Alors  j’ouvris le courrier pour lui remettre la lettre que nous avons lue ensemble, je ne pouvais rien en faire, lui seul était en capacité de répondre à la demande du courrier.
Je lui fis comprendre que le fait d’attendre l’assistante sociale pour ouvrir ses courriers n’était pas judicieux puisqu’il n’y avait que lui qui pouvait répondre au contenu des courriers. J’ai tenté d’estomper cette toute puissance maternelle  en lui signifiant qu’il n’y avait que lui qui pouvait quelque chose pour lui : « Sois autonome ! »

Lucian Freud, autoportrait
Pour terminer cette situation,  je vais faire état de ma dernière rencontre avec Mr C. qui fût pour le moins…surprenante pour moi !
Alors que nous terminions notre entretien, qui portait sur des dossiers administratifs à compléter, j’étais encore assise et je terminais quelques prises de notes. Mr. C. se lève pour se diriger vers la porte et me dit au moment de partir : « Vous savez c’est dur en ce moment pour moi, l’infirmière vient deux fois par semaine et elle me fait une piqûre dans le sexe, et bien ça fait mal ! ».
Je ne fis aucun commentaire, d’abord parce que je restais sans voix !
 Je serais tentée de faire l’hypothèse que M.C. était venu me faire part de son angoisse. Il y avait dans cette phrase quelque chose de provocateur en premier lieu.
Mr C. me parle de lui en tant qu’homme dans sa toute puissance symbolique. 



                                 S’adresse-t-il vraiment à l’assistante sociale ?
                                 Pourquoi me dépose-t-il cela en fin d’entretien ?

Le premier temps fût le temps de la sidération qui me laissa sans voix ! : « Le caractère provisoire de cette suspension de la parole est propre à l’étonnement, qui est fugace car sa durée de vie ressemble à celle de l’étincelle ; elle est vouée à ne pas durer et à ne laisser que le souvenir d’un « blanc », d’un instant éphémère où le sujet a été déshabité de la parole. »[2]
J’interprète cet instant éphémère du « blanc » comme le seul moyen pour moi de sortir de cet état de sidération. Cette apostrophe de Mr. C. n’attendait pas de réponse. Avec du recul je fais l’hypothèse que c’est peut être parce que Mr. C. a pu avec tant d’aisance  corréler le signifiant et le symbolique que  j’en perdis mon latin !
Mr C. ne me parle pas seulement de sa souffrance physique « ça fait mal » mais aussi de son angoisse. Je pense en particulier à l’angoisse de castration : « C’est que l’inconscient est un absolu concret et que l’image de la castration, son fantasme, est inséparable de la perte du pénis »[3].
La démonstration de son angoisse parlait bien de l’angoisse de la perte du pénis dans le fantasme comme dans la réalité.
Mais pourquoi me raconte t-il cela à moi, alors que le contenu de l’entretien ne laissait en rien présager de ce sujet de conversation ?




Lucian Freud 

J’ai cherché ce qui aurait pu se passer à la fois dans l’entretien ce jour là et sur les derniers entretiens que nous avons eus.

Je fais alors cette hypothèse : puisque cette angoisse de castration est toujours rapportée à la menace du père qui fait Loi : « Derrière le père réel, se cache un père imaginaire qui est gardien des Lois que nous supposons devoir respecter, ces lois répondent à notre organisation symbolique toute subjective. Il va sans dire que cette symbolisation contenue dans le concept de « nom du père » est capitale pour la psychanalyse. »[4].
J’ai analysé, en faisant le lien avec l’entretien précédent, que c’était peut être ma position autoritaire, fonction symbolique du père, pour lui signifier que je n’étais pas sa mère, qui aurait déclenché chez lui la manifestation de cette angoisse : « L’angoisse de castration est le moteur d’une symbolisation. Elle est encore ce qui permet le détachement du premier objet d’amour : une (la mère) de perdue, dix de retrouvées. »[5] . 

Plus je cristallise la relation dans son cadre légitime pour travailler comme il se doit avec Mr. C., plus il tente de briser le cadre avec « virilité » ! Puis-je le dire ainsi ?


[1] « Introduction à la psychanalyse »- Sigmund Freud – ed. Petite bibliothèque PAYOT- 2001- p. 541.
[2] « Les trois temps de la Loi » Alain Didier-Weill – ed. Du Seuil – 1995 – p.118. 
[3] « Les 100 mots de la psychanalyse » Jacques André – ed Puf que sais-je ?- 2009 –p.23.
[4] Op.cité « Introduction à la psychanalyse » p.64.
[5]  Op. Cité « les 100 mots de la psychanalyse » p.23.

17 juin 2012

Monsieur C : Un homme en reconnaissance (2)

Par I. Farcy-Haïd

Selon B.FOUREZ, la reconnaissance est avant tout « impersonnelle » car « La reconnaissance renvoie au collectif dont quelqu’un fait partie, remet en mémoire qu’il est parmi d’autres ; elle témoigne d’une articulation entre un élément et le tout »[1]or dans son article l’auteur fait état dans sa clinique de patients en quête d’une reconnaissance « personnelle » : « on voit très clairement ici la réduction de la vision de la reconnaissance au seul fait du subjectif et donc de l’affectif. Reconnaissance imaginaire en lieu et place de reconnaissance symbolique. Autrement dit, le rapport à l’individu abstrait, impersonnel, ne semble plus fondateur de la base de la personnalité. »[2]
                                 Mr C. ne satisferait pas de la reconnaissance que je lui témoigne en tant qu’usager du service social, en tant qu’individu inscrit dans son histoire, dans la  place qu’il occupe au sein de la société dans laquelle il vit.
                                 Cette place qu’il occupe aujourd’hui et que je lui reconnais c’est celle d’un homme qui prépare sa retraite puisque l’accompagnement social de ces derniers mois porte sur ce changement dans sa vie.
L. Freud, autoportrait
Si je vais plus loin dans l’analyse, « toute demande est demande d’amour »[3]. Ce que Michel Dethy définit comme « Cet « amour » est un ressort de l’analyse. En effet, l’analysant met dans la personne imaginaire de son psychanalyste toutes les qualités qu’il voudrait avoir, il y met aussi la certitude que l’analyste connaît tous les défauts de l’analysant et que ce même « dieu vivant » peut répondre aux questions que se pose le névrosé »[4]
                                
                                  Mr C. voudrait savoir qui je suis en dehors d’être une assistante sociale. J’entends là ce désir de passer sur une autre approche relationnelle : de la reconnaissance (impersonnelle) à la connaissance (personnelle).
                                 Pour répondre à sa demande « de carte » pour qu’il ne se trompe plus d’assistante sociale, je lui donne une carte de visite nominative aux couleurs de l’institution. Je remets ainsi du cadre dans notre relation pour qu’il sache que je suis avec lui dans une reconnaissance impersonnelle qui fait que notre relation « témoigne d’une articulation entre un élément et le tout ».
                                 J’inscris donc sa demande dans une démarche d’autonomisation dans un mouvement d’individuation.
                                 Mr C. sort une enveloppe, encore fermée, de sa poche et me la donne. Je lui demande ce que c’est que cette enveloppe, il me répond : « J’en sais rien, c’est une lettre que j’ai reçu hier, je pense que c’est pour ma retraite ! »
                                 Surprise qu’il ne l’ait pas ouverte, je l’interroge là-dessus, il se justifie : « j’y comprends rien aux papiers moi, je préfère que ce soit vous qui la lisiez. »
Alors que je travaille ardemment sur l’autonomie, Mr C. me donne à voir quelque chose qu’il ne faisait jamais : ne pas ouvrir ses courriers ! 
                                 Il me montre qu’il est de plus en plus dépendant de moi, qu’il ne veut pas retrouver son autonomie, ne pourrait-il donc pas envisager la fin de cette relation ?


[1] « Les maladies de l’autonomie » B. Fourez – Médecine et hygiène/ thérapie familiale 2007/4 volume 28 site Internet CAIRN- p.376.
[2] Op.cité « les maladies de l’autonomie » p. 377.
[3] Intervention de Catherine Mehu (psychologue, doctorant chercheur en psychologie) le 11/04/2010 – DU « penser le travail social » Université du Sud Toulon Var.
[4] « Introduction à la psychanalyse de Lacan »- Michel Dethy- ed. Chronique sociale-6e édition mars 2006. p.98

25 mai 2012

L'histoire de M. C...Un homme en reconnaissance.

Isabelle Farcy-Haïd offre aux lecteurs du Blog l'accés à son mémoire (D.U. 2009/2010)  "Il était une fois ... La relation " (extraits). Un conte à penser (social) à suivre sur plusieurs semaines ...





Monsieur C.  59 ans, est suivi par nos services (service social polyvalent de secteur / ndlr ) depuis plus de 10 ans. Il a eu à faire à plusieurs assistantes sociales dont moi-même qu’il rencontre régulièrement depuis 4 ans. Sur l’un des  derniers entretiens, Mr C. m’explique qu’il a des difficultés pour régler sa facture d’électricité, il est venu les mains dans les poches, sans aucuns justificatifs. Surprise, je lui demande si il a cette facture sur lui et il me répond : « Madame, depuis le temps que vous me connaissez, vous avez tout dans mon dossier, je ne savais pas qu’il fallait amener des papiers ! ».
 Bien sûr que Mr C. savait que le service social réclame toujours des justificatifs mais il me sourit et répond : « On se connaît depuis si longtemps ! »

                                   Voilà cet homme qui connaît fort bien le fonctionnement du service social, le champ de compétence de la professionnelle mais qui tente de faire disparaître  le cadre. Comme si l’ancienneté de l’accompagnement social permettait de le faire.
                              Comme si l’assistante sociale pouvait se soustraire au fonctionnement  institutionnel et reconnaître Mr C. autrement que comme un « usager » du service social. Il veut être reconnu pour sa singularité, il me dit « faites-moi confiance ! ».
                                               Se pourrait-il que cet homme  et d’autres encore  puissent retrouver l’estime d’eux-même et l’estime de l’autre (« faites moi confiance ») auprès de l’assistante sociale ?
                                  
                                   Le cadre de la relation, si l’on part de ce postulat, ne serait pas vécu comme contraignant, au contraire l’espace de la relation ferait lien et  permettrait d’estomper le sentiment de vulnérabilité dans une relation d’interdépendance. L’assistante sociale au sein de l’institution pourrait être alors un maillon permettant à certains individus de se rattacher à un tout, d’être autonome dans le schéma proposé de l’individuation. La reconnaissance est au cœur même de la relation, il me dit « on se connaît depuis si longtemps ! ».

"Fragment Head of Gerald Wilde" Lucian Freud

                                 Un premier fait, antérieur à l’un de nos derniers entretiens, m’interpelle. La secrétaire me rapporte que Mr C. a souhaité prendre rendez-vous avec une de mes collègues, en la citant. La secrétaire lui rappelle qu’il est suivi par moi, qui suis sa référente, et qu’il aura rendez-vous sur une de mes permanences.
                                 Je le reçois donc sur ma permanence et sans attendre de s’asseoir, il me dit : « Mme FARCY, je ne me rappelais plus de votre nom quand j’ai pris rendez-vous, il faut que vous me laissiez votre carte car je me suis trompé d’assistante sociale, il y en a tellement !... » (Nous sommes 4 sur le secteur.)
 Avant même d’avoir commencé l’entretien, Mr C. se justifiait sur cet oubli, sans doute se doutait-il que je le questionnerais.
                                 Je fais là deux hypothèses :     
  • soit il voulait changer d’interlocuteur, ce qu’il n’avait jamais exprimé jusqu’à présent mais quelque chose aurait pu lui déplaire, 
  • soit il cherchait à me dire « vous voyez, depuis le temps qu’on se connaît en fait je ne vous connais  pas. »
   Mr C. ne me connaît pas et il me le signifie en m’interrogeant sur mon identité.                                                  
                                Pour la première hypothèse, je constate ici que Mr C. a reprécisé de lui-même le cadre institutionnel, il connaît le fonctionnement du service et il me l’a verbalisé sans même que j’eusse à le faire ! Je ne saurais pas si il y avait du mécontentement derrière cet oubli parce qu’il n’en n’a rien dit.
 
J.M. VIVES  précise qu’ « En tant que professionnel(le) on ne se met pas en position de connaissance mais en  position de reconnaissance ». [1]

                                 Je reconnais Mr C. dans son histoire, dans sa problématique dans l’accompagnement mis en place. Mr C. me reconnaît dans ma fonction d’assistante sociale et semble me demander autre chose...

                                                                                                                       A Suivre ...

[1] Jean-Michel Vives – Professeur en psychologie à l’Université de Nice -intervention au D.U « Penser le    travail social » le 25/04/2010 Université du Sud Toulon Var.
                                

05 mai 2012

Bref : une journée sur la thérapie familiale à Briançon

Par Marie Pierre DUBAN, AS scolaire, participante  au groupe travail CRAF et co-organisatrice.

Mardi 20 mars 2012 a eu lieu au collège Vauban, à Briançon (05), une conférence  sur une « journée thérapie familiale (clic) ». 

Depuis bientôt un an, des représentants du conseil général, de l’éducation nationale et plus ponctuellement la MJC de Briançon et le REAAP travaillent ensemble : l’élaboration de projet et la création  d’une antenne de thérapie familiale sur le briançonnais . 


Hélène Mimenza (à gauche) et les thérapeutes italiennes
Ce fonctionnement existe au niveau du CRAF (centre de ressources et d'accompagnement des familles, géré et financé par le CG 05) depuis bientôt 10 ans. Mais une des orientations choisies a été de créer un projet singulier, adapté au nord du département, à ses particularités géographiques, sociales, économiques.

Dans le cadre de ce projet, nous avons pris contact pour un partenariat éventuel avec plusieurs professionnelles -psychologues, psychanalystes et thérapeutes familiales - qui font partie d’une association de psychanalyse et d'accompagnement familial à Turin, en Italie.


Un thérapeute familial "systémique" du CRAF (antenne de Gap)


Cette journée d’échanges et de pratiques professionnelles  était destinée à rencontrer ces thérapeutes ainsi que les deux thérapeutes familiaux qui exercent à Gap, dans le cadre du CRAF,  depuis 10 ans 
(déjà !), mais aussi

 d'apporter la vision "méta" et l'expérience des travailleurs sociaux. A travers cela, la question de l'accompagnement de l'usager, de la famille, se trouvaient au cœur de la réflexion.


Dans un 1er temps, a été repris l’historique et les racines de la thérapie familiale dans le département des hautes-Alpes. La confrontation des expériences et  des attentes de chacun a permis une  construction commune et un partage des pratiques entre travailleurs sociaux et thérapeutes familiaux.




Intervention de l'ADSEA
L'après-midi, l'expérience de la psychologue et de l’éducatrice de l’ADSEA, sur le thème  « De l’accompagnement individuel à l’accompagnement familial », ont été présentées, avec notamment la réalisation d’une "sculpture systémique".







Enfin, une approche théorique et pratique de la thérapie familiale a été exposée par une intervenante de Turin.

Une des deux thérapeutes turinoises

Que cette journée d’apports théoriques, pratiques et d’échanges puisse avoir lieu dans un collège est novateur s'est avéré enrichissant et original. Rythmés par les sonneries, les déplacements d’élèves et de professeurs, la conférence se retrouvait  au cœur des interrogations de tous et la curiosité était au rendez-vous !

Un grand merci à Mme Brugue, principale du collège, pour  avoir ouvert les portes sans une hésitation à cette journée de travail, ainsi qu’à Hélène Mimenza et Sabrina Egger pour le pilotage du projet.


02 février 2012

fin chapitre 2 conte d'automne : Je Moi Surmoi ... Et Oedipe

Par Martine Assandri 


Si Lucas, par son attitude, remet en cause le fonctionnement de l’établissement, le provoque, le met à mal, au-delà  il remet en cause le fonctionnement des relations familiales,  renvoyées et mises à l’épreuve, par le biais de l’impossible intégration scolaire.
Ce bouleversement est profond, déstabilisant. Il remet en cause ses parents, le fonctionnement antérieur, vient bousculer les certitudes. Lucas confie, très bas, en pleurant : « Mes parents… ils s’en foutent de moi », comme un petit enfant.

Le fait de susciter l’attention, de mobiliser les équipes, d’alerter la famille, nous alertent sur une impossibilité de Lucas à passer par la parole, d’exprimer une difficulté particulière, inconsciente. Il s’agit alors de mettre en lumière cette ambivalence de Lucas, qui souhaite tout à la fois grandir mais rester enfant. Ce moment de crise montre l’angoisse de cet adolescent de se séparer tout en revendiquant un statut de personne, de sujet.
Pour Lucas, ce passage s’avère donc particulièrement difficile et le renvoie à ses difficultés à devenir « grand ». Il est à rapprocher de la constitution du Surmoi qui occupe Lucas à différents niveaux inconscients. Freud émet l’hypothèse que chacun rêve à une jouissance absolue, symbolique :

"Œdipe et le Sphinx"  dictionnaire décembre Alonnier

•    de possession de la mère
•    de meurtre du père
•    et dans le même temps, d’identification à ce  père tout puissant et idéal, à la fois craint et haï.

Lucas est soumis à ces mouvements pulsionnels. Il tente de réagir à cette situation insupportable, qui réactive le conflit œdipien et le risque incestuel fantasmé, de façon inconsciente.
Dans cette tentative d’y échapper, il place l’Autre, le Surmoi, comme rempart à cette angoisse qui l’envahit, à trouver des limites et des bornes à la situation familiale, qui favorise cette illusion. Il tente de s’affirmer en tant que Sujet; à sortir de la culpabilité que lui apporte sa place au sein de la famille, symboliquement mais aussi matériellement, tant la relation mère/fils est forte , dévorante.

Les passages à l’acte peuvent être lus comme des tentatives de « pacifier sa culpabilité » (1, vous pouvez lire un très bel édito de J.M.  Vivès ici ), et la possibilité de pouvoir aborder ces questions avec lui, de permettre de les penser avec lui.
Le père de Lucas semble avoir du mal à se positionner comme « barrage » à ce fantasme de possession absolue de la mère, malgré les tentatives de Lucas de le remettre dans le jeu. Il utilise également  un « Autre » extérieur, l’Ecole, et leur fait jouer ce rôle de garant de la loi symbolique, nécessaire à son accession à l’autonomie, à la possibilité de s’éloigner de la mère. Il tente de redonner une place au père, tout en voulant le démystifier. A la lumière de la psychanalyse, l’établissement et les adultes face à lui,  trouvent donc une place essentielle pour Lucas, dans sa constitution du Surmoi et sa volonté d’autonomisation.

Qui ne le connait pas ? "Le petit prince " de St Saint-Exupéry


                                                                           Suite et fin la prochaine fois ...
________________________________________

(1) VIVES J.M., Cours de psychologie "Lois et violence" du 06/06/2009, D.U. Penser le travail social, Université de Toulon et du Var


20 janvier 2012

Lucas , chapitre 2 suite ... JE-MOI-SURMOI

Par Martine Assandri 


La tentation est grande pour Lucas «  d’évacuer les sujets qui fâchent » ; il essaie de rattacher ses difficultés à l’école, (impossible de se fixer sur un but, d’écouter, de prendre des notes), il trouve des justifications pour éviter de les aborder.
« On sait en outre dans les crises d'adolescence les plus banales …combien sont fréquentes les défenses par le clivage, le déni, l'exclusion, l'acting. » (1)
En effet, cela  le renvoie aux positionnements parentaux flous, ambigües, conflictuels entre le père et la mère, communiquant uniquement lorsqu’il y a conflit à l’école et obligeant en quelque sorte le père à prendre en charge son fils, mais sans qu’il le veuille vraiment, comme une obligation, une charge.

Pour Lucas, comment s’affirmer ? Il retrouve partout ce rôle d’élève insaisissable, au comportement difficile ingérable ou incompréhensible,  alors qu’il suscite souvent la sympathie, et durant les périodes de crise, la compassion. Pour l’adolescent fragilisé, en rupture, ce renvoi à soi même ne peut il renforcer cette difficulté d’identification du JE ? La posture du MOI ne peut elle devenir envahissante, jusqu’à occulter l’être adolescent dans sa singularité et tenter de le coincer dans un rôle, dont il devient prisonnier ?

Les parents apparaissent dans son discours, démunis, impuissants. Les réponses tombent à coté, il précise d’ailleurs qu’aucune des sanctions qu’il a eues au collège, n’a eu de répercussions à la maison. Sauf qu’après chaque exclusion, il retrouve son père, s’installe chez lui durant plusieurs jours. Il passe d’ailleurs des moments privilégiés avec M.S. Il répare sa mobylette pendant que son père est à coté de lui. Ils discutent. Il dîne avec lui et sa belle - mère…

Il paraît, visiblement ému de son entretien avec le Principal. « Celui là, il ne  fera pas long feu, je vous le dis ! Mon père il va lui régler son compte ! » Je retrouve en cela le rejet de l’autorité, quasiment les mêmes remarques que sur l’ancien CPE, mais dit cette fois ci avec colère, concernant la personne censée représenter l’autorité. Le SURMOI de  Lucas apparait bien fragile, friable, flou.

Si le SURMOI est le cadre intégré par l’enfant, par des interdits et prescription sociales ou familiales, il y a là  comme un vide, là ou devrait être le contenant, quelque chose qui le soutient, le guide, « un lien entre lui et l’extérieur » (2)  .
takashi murakami

Mme T. évite les conflits avec son fils. D’ailleurs, précise-t-il, cette nouvelle exclusion n’a aucun sens,  puisque « je ne serai pas puni » et que sa mère comprend qu’il est malheureux dans ce collège, rejeté.
La figure d’autorité le rappelle à l’ordre, mais dans le même temps, l’exclue : il semble que cela ait du sens pour Lucas, qui se retrouve souvent dans cette position, chez son père. Après la prétendue sanction, le retour chez le père, ce dernier le renvoie chez sa mère. Au collège, il s’agit de la même chose, il est puni et renvoyé vers la mère. La différence dans ce nouveau collège, c’est qu’a été mis à jour, la présence de ce père, et qu’il est désormais informé et associé à toutes les décisions concernant son fils.
______________________________                              

(1) et (2) CAIN R., article dans Psychanalyse et adolescence : Les enjeux de l'adolescence, point de vue psychanalytique, publié sur le site de la société psychanalytique de Paris, http://www.spp.asso.fr


                                                                      A suivre ...

06 juin 2011

Le CRAF est (presque) mort ... Vive le CPCT !



J' ai reçu cette info, que je trouve intéressante, et qui m'a aussi interpellé...
Cela comble un vide laissé par le CRAF, depuis deux ans.
Un colloque est organisé pour présenter une nouvelle proposition d'accompagnement et de soin :


le VENDREDI 24 JUIN 2011
14H à 19H
CONSEIL GÉNÉRAL
Place saint Arnoux 05000 GAP.

Colloque PRÉCARITÉ PSYCHIQUE ET LIEN SOCIAL

Ouverture à 14H15 Accueil

15H-30-17H15 Recevoir au CPCT : Quel traitement au CPCT Gap ?

Les intervenants du CPCT tenteront de répondre à cette question en abordant les particularités du traitement au CPCT.

17H30- 18H45
: TABLE RONDE autour du thème du Colloque:
Précarité psychique et lien social


Avec la participations d’associations régionales:
UNAFAM-ISATIS-CODES 05-MAISON DES SOLIDARITES-MDPH-CAC-CSM- UDAF-GEM PASSE MURAILLE

Entrée libre

Renseignements: e-mail : bruno.miani@sfr.fr

Cela ressemble (dans la démarche) tellement au CRAF... Mais ça ne l'est pas (ou plus) ! Y -a-t-il eu les résonances, des liens entre ces différents intervenants ?
Les travailleurs sociaux (on parle là encore de " lien social") qui avaient tenté cette ouverture et ce questionnement n'ont pas su (ou pu, ou voulu ) prolonger l'expérience du CRAF et la faire vivre.

En tout cas, si ce lieu existe, tant mieux (mais CPCT quel vilain nom... ;) ) ! Il reprend le constat, les propositions, le fonctionnement amenés par les intervenants du champ social et médico social, les formateurs, les superviseurs, lors de" l'ébullition CRAF"... Mais il est désormais clairement piloté par des psychanalystes, les soignants.

Le financement reste notamment le CG, mais n'évoque pas d'entretiens familiaux ni la supervision des travailleurs sociaux, qui était un élément fondamental dans la créativité, l'éthique et le questionnement du CRAF... et dans l'intérêt des usagers.
Les questions du partenariat, de l'orientation par divers services restent également posées...

Alors, c'est sûr, l'existence de ce centre comblera certainement un vide laissé par la psychiatrie, faute de moyens et de personnels et comblera des attentes, tant des personnels que des usagers. On peut juste regretter que le CPCT et le CRAF n'aient pas eu de démarches communes, des propositions conjointes, voire un fonctionnement hybride qui aurait paru tellement plus riche ...

31 octobre 2010

Une conférence en février 2010 / Hyères.



   Un défi pour les professionnels de l’enfance, de l’adolescence et des familles 
 
Les limites, ce ne sont pas uniquement celles des interdits, ce sont celles des interfaces,
des différences et des frontières, du trop et du vide.

Quels sont les rapports entre le Je et le Nous, entre le singulier et le pluriel, le contenu et le contenant? 
Y a-t-il un Je sans un Nous, et un  Nous sans un Je ?

Quelles sont les frontières entre les territoires de l’intime, du privé, du public ?

Alors que le sujet semble se perdre entre ses difficultés à émerger et sa dilution dans le chaos
et l’indifférencié, la recherche des limites entre le moi, le non moi et le Nous interroge l’actualité
de nos pratiques professionnelles.
Comment le Nous des acteurs professionnels se mobilise t-il  comme dans la co-thérapie, et le travail
de partenariat en réseau pour être disponible aux transformations du  Je, du corps Couple, du corps Familial, du corps Institutionnel, du corps Social ?
Pour tenter de relever ce défi, nous envisagerons les articulations entre les dispositifs d’approche individuelle, groupale, familiale et institutionnelle, en nous appuyant sur une perspective psychanalytique des liens de filiation et d’affiliation, à partir d’un dialogue ouvert autour des préoccupations cliniques concrètes. 

Responsable scientifique :
Pierre Benghozi      pbenghozi@wanadoo.fr

Renseignements et informations :                                             
Bruno Manuel       manuel.13012@gmail.com      
06 60 99 59 47


http://congreshyeres2011.blogspot.com/

01 mai 2010

De la nourriture pour le mémoire...

Bonjour à toutes

Jean Michel Vivès m'a fait passer les références concernant le sujet supposé savoir et la reconnaissance comme promis lors du dernier TP de psycho.
Bonne lecture pour celles qui sont concernées et bon courage pour la rédaction. "deux jours pas plus selon JM Vivès.......

Voici les références :
Reconnaissance : Les Trois temps de la loi de Alain Didier-Weill, Seuil, 1995.
Sujet supposé savoir :
http://www.lacan.com/zizek-pompidou2.htm
http://www.bibliotheques-psy.com/spip.php?article815

+ L'ouvrage d'Alain Didier Weill (Les trois temps de la loi) où il défend la thèse que le sujet suppoé savoir, c'est avant tout le sujet supposé savoir qu'il y a du sujet

27 mai 2009

Conférence Débat le 2 juin 2009 à 21 H. (Var).





Conférence - débat
organisée par le Pôle Estérel Côte d'Azur des Forums du Champ Lacanien, se déroulera le Mardi 2 juin 2009 à 21h au CHI Fréjus-St Raphaël autour des

"Problèmes posés aux thérapeutes, aux travailleurs sociaux et aux juges par les sujets pervers."
"Quelles sont les solutions ??? "


Avec les interventions de :
  • Monsieur Baudino, Juge des affaires familiales au TGI de Draguignan
  • Françoise Gilles, Chef de Service à la Sauvegarde de l’enfance du Var.
Modérateur : Patrice Pajot, Psychanalyste à St Raphaël.

Centre Hospitalier Intercommunal Fréjus Saint Raphaël Salle Polyvalente, 240 Avenue St Lambert 83600 FREJUS Ouvert Tout Public – Entrée libre

Renseignements : - Patrice Pajot : 06 08 75 11 37

Moderateur : Patrice Pajot, Psychanalyste à St Raphaël

24 février 2009

Journée de Formation à GAP le 14 mars 2009.


Association de la Cause freudienne Méditerranée Alpes Provence
VIIème Journée de Psychanalyse Appliquée et
Pratique en Institution

LES
EXCLUSIONS

Rupture du lien social et
désinsertion

Exclusion, précarité, désinsertion, rupture du lien social sont autant de noms du réel qui signent le malaise de notre civilisation moderne. La société de consommation offre un modèle de vie où dépendance aux objets,uniformisation et formatage excluent le sujet au profit du chiffre, effritent et fragilisent le lien social.
Si « Exclusion » se décline au pluriel pour l’homme moderne –la « toxicomanie », la précarité, le refus scolaire,la dépression, la violence ou encore le passage à l’acte chez le sujet psychotique- les sujets-symptômes de la « galère sociale » (1), sont à entendre dans une déprise singulière.

La psychanalyse choisit de répondre à la particularité, au hors norme subjectif de chacun dans sa tentative de tisser son lien social. Il ne s’agit pas d’ordonner ce qui fait désordre, de réintégrer ou de faire disparaître le choix symptomatique, mais bien d’entendre ce qui a pu se dénouer chez un sujet.

Qu’est ce qui fonde le lien social ?
Quels sont les effets de la rencontre avec un psychanalyste quand un sujet est désarrimé du lien ? Comment le parlêtre peut-il, avec les outils qu’offre la psychanalyse, inventer sa voie pour une assise qui lui convienne dans le monde? Il s’agit de bricoler,au cas par cas, un savoir y faire avec son symptôme pour s’insérer avec ses propres solutions et trouver sa place singulière.

Notre invité : Jacques BORIE
Psychanalyste, membre de l’Ecole de la Cause Freudienne
SAMEDI 14 MARS 2009
GAP 9H30-13h et 15h-18h

(Accueil à partir de 9h)
HÔTEL PAVILLON CARINA
route de Veynes
Inscription sur place 20 euros.

Renseignements : Elsa Lamberty 04 92 43 28 72, Claude Van Quynh : cl.vanquynh@orange.fr

1- Jacques LACAN « L’agressivité en psychanalyse », Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p. 124

Cette journée de formation paraît tout à fait passionnante ... Mais n'ayant hélas, pas encore le don d'ubiquité, je ne pourrai y participer : et oui, D.U. oblige, c'est à Toulon que je serai ! Ainsi, du Var aux Hautes-Alpes, c'est bien la question des pratiques, du croisement, du sens qui voyage, se répand, se partage...
Je ne peux que vous encourager à y aller et à nous raconter ce qui se dira ce jour-là... En effet des contributeurs de terrain, et de talent, doivent présenter des situations en lien avec cette problématique. Et je ne peux qu'accompagner et soutenir par la pensée ma collègue "infirmière-clinicienne" et amie, Valérie Herrmann, lectrice assidue de ce blog, qui va exposer une situation lors de cette journée. C'est d'ailleurs par elle que l'information a circulé !

ALORS DU 05 ET D'AILLEURS, NE MANQUEZ PAS CETTE JOURNÉE !
Et surtout, on attend un retour de toute cette réflexion...Pourquoi pas via le blog "Penser Social" ?...

06 février 2009

Petits commentaires...

Question : « Comment penser le travail social avec la place de l’analyste ? »

Le psychanalyste ne travaille que sur le transfert.
Le travailleur social ne travaille que sur la réalité, mais aussi avec des objets psychiques et très peu de théories.
Les deux ne peuvent s ‘appuyer que sur ce qu’ils sont pour travailler.
J.M. Basquiat

Parallèles entre théories systémiques et psychanalytiques :
- Approche systémique :le « ressenti » est utilisé comme information et résonnance.
Le ressenti, plus on le dénie, plus il nous envahit. Plus on y pense, plus on le met à distance.

- Approche psychanalytique : c’est le transfert et le contre transfert.

Cet aspect de transfert et de contre transfert n’est pas assez reconnu et analysé chez les travailleurs sociaux.. C’est un des aspects qu’avait souligné Lionel RAUFAST, psychologue clinicien de l’Université de Nice, chargé d’évaluer l’impact de la formation systémique chez les travailleurs sociaux des Hautes Alpes en 2005.

Le transfert, émotion intense, est présent dans toutes les relations. Le sujet va projeter sur le travailleur social des bouts de relation infantile. C’est dans la relation transférentielle que l’on va provoquer le changement.

J.M. Basquiat.


Question : Comment sortir de ce transfert ?

En analyse systémique : en méta communiquant c’est à dire en communiquant sur la relation. Exemple : Dans une relation AS/usager, la personne est toujours en retard. Pourquoi suis je agacée, comment je travaille avec la personne sur cet aspect.
En psychanalyse, c’est l’interprétation.

Cécile /Martine

13 janvier 2009

LA RELATION CLINIQUE, par Cécile (cours : C. MEHU, Déc.2008).

En psychanalyse, le sujet, c’est le sujet de la parole. Comment passe t’on de la notion d’objet à la notion de sujet pour permettre au patient de s’emparer de sa problématique ?
C’est la tâche de l’analyste : se servir d’un savoir pour le réinventer avec chaque patient. Le savoir n’est utile que si l’on peut l’oublier.
La position clinique, c’est le sujet supposé savoir.
C’est pour cela que l’analyste doit s’appuyer sur des principes fondamentaux de sa pratique.

Le modèle psychanalytique.

Il se sert de l’inconscient.
Le psychanalyste reconnaît tout ce que l’inconscient détermine : lapsus, actes manqués, symptômes…….Ce sont des manifestations de l’inconscient de tout ce qui a été refoulé. Tout ce qui se joue est le reflet d’autres choses.
( Pour faire un parallèle avec le modèle systémique : Dans ce modèle, c’est une lecture relationnelle avec un repérage sur le jeu relationnel, l’analogique..).

Le sujet en psychanalyse est le sujet de l’inconscient. Pour lui, il n’y a que des questions et il n’y a pas de réponses à donner. Si on a la solution, le travail n’est plus possible.
Notre manière de penser et d’agir est un reflet de notre inconscient. La psychanalyse permet de montrer que l’on est prisonnier de notre inconscient ce qui permet de rendre possible la « dé-liaison » des éléments qui sont en jeu (par exemple, mère « gavante » qui ne laisse pas l’espace du désir).

POUR CE TRAVAIL, IL N’Y A AUCUN MODELE QUI PUISSE ÊTRE PROPOSE PAR L’ANALYSTE.

C’est le caractère conflictuel de la vie psychique qui est en jeu. Entre le désir et la jouissance, il y a les interdits. Il y a conflit entre la libre parole et la résistance. Le symptôme est un compromis entre la pulsion et la défense.
Soutenir le transfert, c’est soutenir l’angoisse de l’autre sans se laisser déborder par les siennes.
Ce qui ne peut être remémoré se répète : répétitions. Ce peut être aussi méta-communiquer (systémie).
Le thérapeute n’est pas dans l’agir, le seul objectif de l’entretien, c’est de comprendre. Ce n’est pas de donner des diagnostics qui va changer les choses. Il faut donc réfléchir à nos envies de dire.

La clinique psychanalytique, c’est soutenir le transfert et interpréter, il n’y a rien à dire.


Pour travailler un projet, il faut d’abord travailler le groupe.
Exemple : le groupe fusionnel, on n’a pas le droit d’en sortir. L’illusion groupale, c’est penser que l’autre pense la même chose que moi lorsqu’il se tait. (Bibliographie : « le groupe et l’inconscient » DIDIER ANZIEUX)
C’est ensuite le processus d’individuation : processus par lequel l’enfant devient une personne et n’est plus un morceau de sa mère. C’est un acte de séparation renvoyant à la dette et la loi. L’argent a une attribution symbolique et renvoie à la loi du père et à la règle.
Le corps est aussi concerné par la cure parce que l’analysé en parle (son corps passe par le dire).

Visées de la cure

C’est un processus qui donne à l’analysé la possibilité d’articuler les éléments constitutifs à sa vérité singulière.
Le patient s’y engage avec sa souffrance et son symptôme quoiqu’ils puissent devenir l’objet de sa résistance (« changez mais ne changez rien »).
Le symptôme a une fonction , sinon il peut y avoir du « vide » et ce peut être une résistance pour le patient. Cela concerne aussi bien le corporel dans sa dimension subjective que le psychisme.

Le travail analytique modifie les rapport du sujet à son inconscient.




Actuellement une expo à Paris, Musée Rodin, sur les collections d'Antiques de Freud et de Rodin. On y reviendra ...

mise en ligne Martine.