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15 janvier 2019

Pierre Benghozi :congrès de Hyères 2019


Des nouvelles de Pierre BENGHOZI !



Pour celles et ceux qui auront la chance d'y aller, soit personnellement, soit par leur institution... 
le Congrès International Francophone de HYERES se tiendra   les 28 Février et 1 Mars 2019 au Forum du Casino de HYERES LES PALMIERS sur le thème :

« AMOUR ET PSYCHE, ENJEUX CLINIQUES DES LIENS dans les couples, les familles, les groupes, les institutions »

Plus d'information sur le site : https://congresdehyeres2019.blogspot.com/
Nous sommes à votre entière disposition pour répondre à vos questions
Bruno. Manuel 06 60 99 59 47 - manuel.13012@gmail.com
Dr Pierre BENGHOZI coordination Scientifique IRP

02 décembre 2012

Consultation réciproque avec supervision (2)

Suite de notre consultation réciproque avec supervision : comment une famille peut mobiliser l'attention de tous, même sans les avoir rencontrés, et la vision diffractée des situations complexes ... Bonne lecture.


Cécile reformule et s’adresse  aux deux intervenant du Centre d’accueil psychiatrique qui sont restés silencieux.
Dora : Nous connaissons Mme B suite à un accueil en urgence et une crise importante, il y en a eu d’ailleurs deux très importantes au cours de l’été. Le centre a donc été interpellé. Mais on la connaissait même avant de l’avoir vue ; elle a mobilisé avant tellement de différents partenaires… Nous , c’était toujours en temps de crise, de façon ponctuelle.
David : Oui mais en même temps elle met sa vie en danger, de façon très importante. La dernière fois notre intervention  ponctuelle a duré 4 semaines !
Cécile : Pourrions nous revenir sur cet imaginaire autour de Mme B. ? Cela me semble important.
Sonia : en dehors de cet épisode de l’été, Mme B. se met constamment en scène, l’ensemble des intervenants est inquiet, se demande comment ça se passe, même quand on n' a pas de nouvelles. Mais maintenant, on n’appelle plus les pompiers, on n’a plus l’extincteur à la main, on se met en « décalé ».
Dora : Elle génère beaucoup d’angoisse, et c’était difficile de  mettre en place des choses.
David : Elle inquiète car elle met une proximité avec le gens, elle tutoie les personnes, elle appelle les travailleurs sociaux par leur prénom… On s’inquiète pour elle comme pour quelqu’un de la famille. A chaque interlocuteur elle dit ce qu’il veut entendre pour le rassurer, pour qu’on lui foute la paix…En même temps , elle veut qu’on la prenne en charge.
Dora : Je rajoute qu’elle dit que les choses se font à son insu.
Cécile : Qu’est ce que cela vous dit ?
Dora : Elle mobilise l’autre mais elle est dans le déni.
Jaune-vert, 1982 , Gerhard Richter

Cécile (au groupe résonnant ) : Je ressens que Mme B. est beaucoup dans l’imaginaire des gens. Du coup, elle inquiète beaucoup par ses mises en scène de mise en danger car elle installe une proximité.
En questionnant les intervenants je m’aperçois … J’ai un trou … C’est quelque chose autour du déni…
Simone : on dirait qu ‘elle n’est pas acteur de sa vie.
Michèle : Elle sollicite mais elle adapte son discours en fonction du travailleur social en face d’elle. Du coup où est sa place, où est sa demande ?
Jeanne : J’aimerais retravailler autour de l’angoisse, aujourd’hui vous semblez moins dans l’urgence, un autre positionnement pourquoi ?
Sonia : On dirait que c’est une femme seule, on n'entend rien est ce qu’elle est seule ? Quelle famille ? Quels enfants ? On dirait que la famille a disparu.
Colombe : je pensais à la sclérose en plaques : une maladie qui se développe à son insu et par vagues …
PB : Très intéressant : le rapport entre symptôme clinique et somatique.
Nathalie : Moi je suis intéressée par cette nouvelle filiation.
PB : A quoi pensez-vous ?
Nathalie : Le fait que si elle se rapproche des travailleurs sociaux, elle crée des liens de …
PB : C’est de l’affiliation alors.
Nathalie : Oui elle crée des liens, elle n’a pas d’autre famille.
Véro : Elle met plein de choses en scène, elle mobilise autour..
PB :…même quand elle n’est pas là.


Cécile : Je vais essayer de reformuler en plusieurs points :
·         Autour de la famille, il y a création de liens d’affiliation ;
·         Autour de la maladie, la sclérose qui fait des vagues ;
·         Autour du positionnement, comment Mme B. s’adapte et se met en scène.
(Aux invités) : Pourriez vous me parler de la famille qui gravite autour de cette dame ?

Laurence : Pour vous cela serait plus clair ? Bon, pour nous aussi, cela est difficile, la place de la famille est compliquée, par exemple avec son mari …
PB : Stop, vous allez sur l’histoire comme si vous alliez vers des personnes plus compétentes que vous !
Vous traitez un peu la demande de Cécile mais le contexte est différent. Les autres du groupe sont soutien, il faut que ceux qui présentent travaillent. Si vous travaillez des éléments de l’histoire vous devez les reformuler à partir de ce qu'ils ont apporté. Exemple : J’ai perçu une situation concernant une femme souffrant de sclérose en plaques. Parallèlement cette femme est victime de violence conjugale et, qui plus est, présente des passages à l’acte, anciens ou actuels. A partir de là sur quoi souhaitez vous réfléchir ?
La particularité est la difficulté d’établir un lien avec cette personne.
Ce n’est pas apporter plus d’informations mais comment vous vivez avec elle et ce qu’elle vit avec vous, les difficultés que cela génère.
Ce qui est à soigner c’est déjà prendre en considération le lien par lequel vous êtes engagés dans cette situation.
L’objet, c’est quel type de lien vous construisez avec elle et si ce n’est pas justement cela qui vous met en difficulté.


1024 couleurs, 1973, Gerhard Richter
Dans ce type d’histoire, est ce toujours la même choses pour les équipes, une vision diffractée, ou quel type de lien entre équipes apparaît, comment les uns et les autres sont pris dans cette histoire.
A Cécile : Ce type de reformulation essaie de recentrer l’écoute moins sur la problématique de la personne que sur l’objet-lien…

                                                                                A suivre ...

12 avril 2011

Extrait d'une table ronde de la journée du 10 mars 2011 suite



 Nate Williams
Quels changements ce travail a induit dans ma pratique ? Je lisais lundi matin un article paru dans les actualités sociales hebdomadaires du lundi 18 février 2011. Marceline Gabel, assistante sociale de formation et chargée de cours en sciences de l’éducation à Paris Nanterre et Martine Lamour, psychiatre, ont publié un ouvrage intitulé « Enfants en danger, Professionnels en souffrance »(clic) qui pointe la souffrance des professionnels de la protection de l'enfance.
Marceline Gabel dit : « Nous sommes particulièrement reconnaissants aux professionnels qui ont eu le courage de passer de la parole à l’écriture pour décrire leurs difficultés. On a même dit pendant des années aux travailleurs sociaux que non seulement ils ne devaient pas montrer leurs émotions mais qu’il ne fallait pas en parler ! On les renvoyait à leur solitude : « si vous souffrez, c’est que vous êtes un mauvais professionnel ou que vous avez des problèmes personnels.»
 Nate Williams

Cet article a fait écho à mon questionnement sur ce qui a changé dans ma pratique. Pouvoir effectivement passer de la parole à l 'écrit pour témoigner des difficultés rencontrées dans la relation avec l'usager et faire de la recherche permet justement de prendre de la hauteur et de porter un autre regard sur ce qui se joue.

A la question : C ‘est la souffrance des enfants et des parents qui fait souffrir les professionnels ?
Marceline Gabel répond ainsi : « Leur empathie est effectivement une des raisons du bouleversement de ces derniers. En s’identifiant à l’enfant souffrant ou au parent empêché dans sa parentalité, les professionnels – qui ont aussi un inconscient – peuvent également se retrouver empêtrés dans leur propre histoire………… »

Dans toute rencontre avec un travailleur social il y a du transfert et qui fonctionne dans les deux sens. L’usager va projeter sur le travailleur social des bouts de relation infantile et si celui-ci ne le repère pas, il va absorber comme une éponge les angoisses de l’autre et se trouver dans la confusion. Il ne saura plus ce qui est de lui ou de l’autre. Prendre conscience de nos émotions et reconnaître les phénomènes transférentiels met automatiquement de la distance émotionnelle. Cela évite l'épuisement inévitable dans nos professions.
Pour moi, faire de la recherche c'est un peu comme être en entretien clinique c'est à dire ne plus être uniquement dans le faire et l'agir mais arrêter de faire pour comprendre et parler au lieu d'agir.

Parmi les multiples supports théoriques de cette recherche qui ont changé ma pratique, je voudrai donner l'exemple du désir de réparation qui est inhérent à toute pratique sociale. Le désir de réparation repose sur le repérage des différences entre l’autre et soi même et simultanément sur la négation de la nécessité des différences : les écarts entre l’autre et soi même sont perçus comme des manques, des défauts, des handicaps de l’autre par rapport à l’image idéale que chacun a de soi même. Ce phénomène inhérent à toute relation est renforcé dans la situation professionnelle entre le travailleur social et l’usager par le contexte même de la relation. L’usager vient précisément au service social parce que « quelque chose ne va pas » et le rôle du travailleur social est de contribuer à ce que « quelque chose aille mieux ». Ce désir de réparation est encore une façon de nier l’autre dans son identité, dans son existence réelle. Je ne prends pas l’autre dans sa totalité mais j’isole en lui un trait que je refuse pour me l’approprier et le transformer en un autre que j’accepte. D’où ce besoin dans le travail social de classer les usagers en problèmes ou difficultés. Je ne retiens de l’autre que son problème (que j’appellerai sa demande) pour l’annuler, le transformer. Le désir de réparation repose sur l’idée que je peux agir sur l’autre, le transformer, me l’approprier Les travailleurs sociaux glissent souvent sur la pente de « savoir ce qui est bien pour l’autre » et donc de décider à sa place. En effet, nous nous faisons une idée de l’autre en difficultés en fonction de nos propres ressentis. Nous pensons que l’autre est un semblable et qu’il fonctionne comme nous, ce qui peut avoir pour conséquence d’empêcher l’usager d’évoluer et de sortir d’un système d’assistanat. Avoir en tête que seul l'usager sait ce qui est bon pour lui change la relation.
 Nate Williams (clic !)

Pour terminer je dirai que cette recherche aussi bien théorique que d'analyse de situations me permet un positionnement confortable en entretien sans absorber les angoisses de l'usager. Cela permet d'être dans l'écoute sans objectifs en tête et laisse la place à l'imprévu.

27 mars 2011

Extrait d'une table ronde de la journée du 10 mars 2011


Présentation du mémoire :
LA CLINIQUE DU TRAVAILLEUR SOCIAL

Nate Williams

Mon questionnement de départ pour ce mémoire était le suivant:

« Comment travailler avec des familles qui traduisent par des symptômes sociaux leurs difficultés psychiques »

Je m'explique :

Le travailleur social apporte généralement des réponses concrètes à des demandes sociales (par exemple pour une recherche de logement : dépôt de dossiers, aides financières pour accéder au logement, dossier allocation logement…..). Cette réponse est satisfaisante dans de nombreuses situations. Mais dans d’autres, malgré tous les efforts du travailleur social, l’usager mettra en échec toutes les solutions proposées.
J’émets donc l’hypothèse que dans certaines situations complexes, bien que la demande de l’usager soit une demande concrète, un logement dans notre exemple, cela parle d'autre chose. Ce serait le symptôme de difficultés psychiques.
Comment continuer le travail social lorsque l'usager refuse ou met en échec la prise en charge thérapeutique ?
J’émettrai donc une deuxième hypothèse selon laquelle il existerait une clinique dans le champ social située entre la relation d’aide basée sur l’écoute et la cure psychanalytique pour pouvoir travailler avec les familles cette dimension psychique
Pour valider mes hypothèses, j'ai, dans un premier temps, effectué des recherches sur le plan théorique en cernant notamment le concept du transfert dans les pratiques sociales avec l'apport du « sujet supposé savoir «  de Jacques Lacan, qui, selon Joseph Rouzel, peut servir de socle à la relation en travail social. J'ai ensuite complété ma recherche clinique par l'analyse de deux situations sociales, en articulant les théories systémiques et psychanalytiques.

Pour moi comprendre le comportement de l'usager par de la théorie permet au travailleur social de sortir de l'affectif et du jugement pour prendre de la distance sur le plan émotionnel. Il pose un autre regard sur la personne qu'il a en face de lui pour prendre une posture d'écoute bienveillante.
J’avais imaginé en commençant ce mémoire pouvoir modéliser une pratique clinique de travail social. Finalement, je ne peux faire un rendu sous cette forme puisque chaque situation est unique, tout comme chaque travailleur social ou usager est unique.
Ce travail m'a permis d'affirmer que les travailleurs sociaux ne sont pas interchangeables lorsqu’un travail sous transfert est amorcé. Cela ne veut pas dire que ce travailleur social là est indispensable et qu’il est mieux qu'un autre pour cet usager. Simplement, s’il y a changement de travailleur social, ce sera toute autre chose, une autre relation et un autre travail.

Dans ma dernière partie, j'ai donc énoncé ce qu'est pour moi la clinique du travailleur social en abordant la légitimité du travail social dans cette approche, le temps de la rencontre, la bonne distance, l'importance pour le travailleur social de penser son intervention et d'avoir un savoir faire avec le maniement du transfert et l'accueil du Sujet de l'inconscient.
J'ai terminé ce travail en soulignant l'importance d'avoir à disposition des outils d'analyse de la pratique. En effet sur le plan éthique, un travailleur social ne peut réaliser des entretiens cliniques sans supervision.
Je pense également qu'il serait important que les futurs professionnels puissent repérer la place du transfert dans leurs entretiens à partir de la pratique lors de stages ou bien en jeu de rôle.

Nate Williams son site ici (clic!)
Suite à venir : quels changements ce travail a induit dans ma pratique ?.

24 février 2009

Journée de Formation à GAP le 14 mars 2009.


Association de la Cause freudienne Méditerranée Alpes Provence
VIIème Journée de Psychanalyse Appliquée et
Pratique en Institution

LES
EXCLUSIONS

Rupture du lien social et
désinsertion

Exclusion, précarité, désinsertion, rupture du lien social sont autant de noms du réel qui signent le malaise de notre civilisation moderne. La société de consommation offre un modèle de vie où dépendance aux objets,uniformisation et formatage excluent le sujet au profit du chiffre, effritent et fragilisent le lien social.
Si « Exclusion » se décline au pluriel pour l’homme moderne –la « toxicomanie », la précarité, le refus scolaire,la dépression, la violence ou encore le passage à l’acte chez le sujet psychotique- les sujets-symptômes de la « galère sociale » (1), sont à entendre dans une déprise singulière.

La psychanalyse choisit de répondre à la particularité, au hors norme subjectif de chacun dans sa tentative de tisser son lien social. Il ne s’agit pas d’ordonner ce qui fait désordre, de réintégrer ou de faire disparaître le choix symptomatique, mais bien d’entendre ce qui a pu se dénouer chez un sujet.

Qu’est ce qui fonde le lien social ?
Quels sont les effets de la rencontre avec un psychanalyste quand un sujet est désarrimé du lien ? Comment le parlêtre peut-il, avec les outils qu’offre la psychanalyse, inventer sa voie pour une assise qui lui convienne dans le monde? Il s’agit de bricoler,au cas par cas, un savoir y faire avec son symptôme pour s’insérer avec ses propres solutions et trouver sa place singulière.

Notre invité : Jacques BORIE
Psychanalyste, membre de l’Ecole de la Cause Freudienne
SAMEDI 14 MARS 2009
GAP 9H30-13h et 15h-18h

(Accueil à partir de 9h)
HÔTEL PAVILLON CARINA
route de Veynes
Inscription sur place 20 euros.

Renseignements : Elsa Lamberty 04 92 43 28 72, Claude Van Quynh : cl.vanquynh@orange.fr

1- Jacques LACAN « L’agressivité en psychanalyse », Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p. 124

Cette journée de formation paraît tout à fait passionnante ... Mais n'ayant hélas, pas encore le don d'ubiquité, je ne pourrai y participer : et oui, D.U. oblige, c'est à Toulon que je serai ! Ainsi, du Var aux Hautes-Alpes, c'est bien la question des pratiques, du croisement, du sens qui voyage, se répand, se partage...
Je ne peux que vous encourager à y aller et à nous raconter ce qui se dira ce jour-là... En effet des contributeurs de terrain, et de talent, doivent présenter des situations en lien avec cette problématique. Et je ne peux qu'accompagner et soutenir par la pensée ma collègue "infirmière-clinicienne" et amie, Valérie Herrmann, lectrice assidue de ce blog, qui va exposer une situation lors de cette journée. C'est d'ailleurs par elle que l'information a circulé !

ALORS DU 05 ET D'AILLEURS, NE MANQUEZ PAS CETTE JOURNÉE !
Et surtout, on attend un retour de toute cette réflexion...Pourquoi pas via le blog "Penser Social" ?...

06 février 2009

Petits commentaires...

Question : « Comment penser le travail social avec la place de l’analyste ? »

Le psychanalyste ne travaille que sur le transfert.
Le travailleur social ne travaille que sur la réalité, mais aussi avec des objets psychiques et très peu de théories.
Les deux ne peuvent s ‘appuyer que sur ce qu’ils sont pour travailler.
J.M. Basquiat

Parallèles entre théories systémiques et psychanalytiques :
- Approche systémique :le « ressenti » est utilisé comme information et résonnance.
Le ressenti, plus on le dénie, plus il nous envahit. Plus on y pense, plus on le met à distance.

- Approche psychanalytique : c’est le transfert et le contre transfert.

Cet aspect de transfert et de contre transfert n’est pas assez reconnu et analysé chez les travailleurs sociaux.. C’est un des aspects qu’avait souligné Lionel RAUFAST, psychologue clinicien de l’Université de Nice, chargé d’évaluer l’impact de la formation systémique chez les travailleurs sociaux des Hautes Alpes en 2005.

Le transfert, émotion intense, est présent dans toutes les relations. Le sujet va projeter sur le travailleur social des bouts de relation infantile. C’est dans la relation transférentielle que l’on va provoquer le changement.

J.M. Basquiat.


Question : Comment sortir de ce transfert ?

En analyse systémique : en méta communiquant c’est à dire en communiquant sur la relation. Exemple : Dans une relation AS/usager, la personne est toujours en retard. Pourquoi suis je agacée, comment je travaille avec la personne sur cet aspect.
En psychanalyse, c’est l’interprétation.

Cécile /Martine

13 janvier 2009

LA RELATION CLINIQUE, par Cécile (cours : C. MEHU, Déc.2008).

En psychanalyse, le sujet, c’est le sujet de la parole. Comment passe t’on de la notion d’objet à la notion de sujet pour permettre au patient de s’emparer de sa problématique ?
C’est la tâche de l’analyste : se servir d’un savoir pour le réinventer avec chaque patient. Le savoir n’est utile que si l’on peut l’oublier.
La position clinique, c’est le sujet supposé savoir.
C’est pour cela que l’analyste doit s’appuyer sur des principes fondamentaux de sa pratique.

Le modèle psychanalytique.

Il se sert de l’inconscient.
Le psychanalyste reconnaît tout ce que l’inconscient détermine : lapsus, actes manqués, symptômes…….Ce sont des manifestations de l’inconscient de tout ce qui a été refoulé. Tout ce qui se joue est le reflet d’autres choses.
( Pour faire un parallèle avec le modèle systémique : Dans ce modèle, c’est une lecture relationnelle avec un repérage sur le jeu relationnel, l’analogique..).

Le sujet en psychanalyse est le sujet de l’inconscient. Pour lui, il n’y a que des questions et il n’y a pas de réponses à donner. Si on a la solution, le travail n’est plus possible.
Notre manière de penser et d’agir est un reflet de notre inconscient. La psychanalyse permet de montrer que l’on est prisonnier de notre inconscient ce qui permet de rendre possible la « dé-liaison » des éléments qui sont en jeu (par exemple, mère « gavante » qui ne laisse pas l’espace du désir).

POUR CE TRAVAIL, IL N’Y A AUCUN MODELE QUI PUISSE ÊTRE PROPOSE PAR L’ANALYSTE.

C’est le caractère conflictuel de la vie psychique qui est en jeu. Entre le désir et la jouissance, il y a les interdits. Il y a conflit entre la libre parole et la résistance. Le symptôme est un compromis entre la pulsion et la défense.
Soutenir le transfert, c’est soutenir l’angoisse de l’autre sans se laisser déborder par les siennes.
Ce qui ne peut être remémoré se répète : répétitions. Ce peut être aussi méta-communiquer (systémie).
Le thérapeute n’est pas dans l’agir, le seul objectif de l’entretien, c’est de comprendre. Ce n’est pas de donner des diagnostics qui va changer les choses. Il faut donc réfléchir à nos envies de dire.

La clinique psychanalytique, c’est soutenir le transfert et interpréter, il n’y a rien à dire.


Pour travailler un projet, il faut d’abord travailler le groupe.
Exemple : le groupe fusionnel, on n’a pas le droit d’en sortir. L’illusion groupale, c’est penser que l’autre pense la même chose que moi lorsqu’il se tait. (Bibliographie : « le groupe et l’inconscient » DIDIER ANZIEUX)
C’est ensuite le processus d’individuation : processus par lequel l’enfant devient une personne et n’est plus un morceau de sa mère. C’est un acte de séparation renvoyant à la dette et la loi. L’argent a une attribution symbolique et renvoie à la loi du père et à la règle.
Le corps est aussi concerné par la cure parce que l’analysé en parle (son corps passe par le dire).

Visées de la cure

C’est un processus qui donne à l’analysé la possibilité d’articuler les éléments constitutifs à sa vérité singulière.
Le patient s’y engage avec sa souffrance et son symptôme quoiqu’ils puissent devenir l’objet de sa résistance (« changez mais ne changez rien »).
Le symptôme a une fonction , sinon il peut y avoir du « vide » et ce peut être une résistance pour le patient. Cela concerne aussi bien le corporel dans sa dimension subjective que le psychisme.

Le travail analytique modifie les rapport du sujet à son inconscient.




Actuellement une expo à Paris, Musée Rodin, sur les collections d'Antiques de Freud et de Rodin. On y reviendra ...

mise en ligne Martine.

07 janvier 2009

Réflexions autour de la loi du 2 janvier 2002 –T.D. décembre 2008.

J. CABASSUT :
Enseignant, chercheur à l'université de Nice, psycho-clinicien de formation.
Il travaille dans le champs de la santé, actuellement dans un foyer d'accueil médicalisé (secteur psychose et secteur déficients adulte) et dans l'arriération profonde (handicap mental). Auparavant, il a travaillé plusieurs années dans un centre de rééducation de grands brûlés.
Il ressort de son expérience qu’ un travail d'équipe est nécessaire mais aussi un travail institutionnel dans le cadre du champs de la santé ou du médico-social.
La réflexion d'équipe est nécessaire sur les fonctionnements et dysfonctionnements, en quelque sorte une psychothérapie institutionnelle, l'établissement d'un autre rapport au « fou ».
Cf. film de Albert DUPONTEL: « Enfermé dehors ».


LOI DU 2 JANVIER 2002 -
5 signifiants importants dans cette loi:
1 . Droit et accès au droit de la personne handicapée.
2 . Contractualisation .
3 . Transparence.
4 . Evaluation renforcée.
5 . Usager.



Encore les Ménines ... par Picasso.

1. Droit et accès au Droit des personnes handicapées.

Ouverture et amplification de l'espace des droits mais les contraintes et limites restent en plan, c'est à dire, les devoirs.
Devoirs et limites structurent : exemple, une personne arrive dans l'établissement, elle doit s'inscrire à 3 ateliers (règlement).
L'idée est de montrer que la vie dans l'établissement demande une participation :droit / devoir
(ex : tâches ménagères).
Mais la limite est l'autre institutionnel, la limite dans le rapport à l'autre. C'est le moyen de travailler sur la castration.
On essaie de fonctionner avec un tiers régulateur : espace de réunion, synthèse, etc.

2 . La contractualisation des échanges.
On signe un contrat avec le nouvel arrivant, modèle marchand.
L'institution fournit des prestations, si elle ne les fournit pas, le sujet peut porter plainte. (vu x fois par le kinésithérapeute, le psychanalyse, etc)
Le texte de loi induit le rapport à l'autre. Le modèle de référence plus ou moins implicite s'inclue dans le lien. Le lien est réduit à un service.
La question du réel et du transfert passe à côté. Ce qui lie les deux parties met chacun sur un pied de symétrie, à la même place. La parole de l'usager et celle du professionnel sont identique.
L'usager évalue la prestation d'un professionnel, il évalue donc les compétences professionnelles d'un professionnel.
Autorité et pouvoir, l'autorité doit être garante et le pouvoir assure le statut (pouvoir disciplinaire, prise de risque et responsabilité).
Dans le lien, la donne change. La place du pouvoir, c'est la place analytique, celle du père.

3 . La transparence.
Logique de transparence d'échange.

4 . L’évaluation…
est une mascarade ! Tout ce qui est de l'ordre de l'humain est ‘à vue’ donc on laisse de côté l'inconscient, l'intime.

5. L’usager.

Il y a un jugement en extériorité sur ce qui est en train de se passer. Une écriture noire sur blanc, une relation sous contrôle.
On n'est pas en train d'édifier un sujet qui se construit avec des limites dans la castration, on édifie un sujet de frustration, de revendication, d'exigence.
Le manque est dû au fait que l'autre est défaillant (toute puissance).
L'idée de l'accès au dossier est intéressante mais dans le lien au soin.
Le sujet se construit avec les signifiants qu'il trouve en attrapant les signifiants qu'une culture, une société lui fournit.
Le signifiant de la loi de 2002 sur le handicape est perçue sur le mode de l'expertise. Un expert fournit un signifiant.

Signifiant « victime »:
Dans les prises en charge par la cellule d'urgence médico- psychologique, la victime est reçue d'emblée. On ne sait pas si le sujet est traumatisé. Le sujet doit attraper le signifiant victime pour la suite (dédommagement, etc).
L'idée de victime entraîne celle d'agresseur, la responsabilité est redistribuée.
La nouvelle loi façonne la pensée. Ce texte de loi modifie le réel de la rencontre, il implique le couple victime / agresseur.
Dans le champs du traumatisme il y a aussi des modifications; d'un traumatisme structurel à l'humain (pulsion sexuelle), on passe à un traumatisme extériorisé. C'est l’événement qui est traumatique, si c'est le cas, le sujet est victime. On ne cherche pas au départ si le sujet est traumatisé.
Dans le champs social, le traumatisme est intégré, intrinsèque au projet, considéré comme événement traumatisant.
SARKOZI est une victime absolue! Il est impliqué dans trois affaires judiciaires mais ne peut pas être jugé, donc jamais responsable... C'est une falsification du Droit par rapport aux usagers.

Quelle conception de l'humain passe dans cette loi de janvier 2002?
Pour l'humain et le travail social, ce qui est dommageable c'est que la loi pose la personne handicapée du côté de la frustration (marchandise, objet) et non de la castration.


Notes de Michèle, mise en ligne de Martine.