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11 décembre 2013

''LA RÉSIDENCE ALTERNÉE après séparation des parents'' , une délicate question

En tant qu'AS scolaire, je reçois de nombreux enfants et ados entre 11 et 18 ans qui sont en garde alternée. 
Cette solution , souvent acceptée par tous, me questionne  aussi. Certains jeunes expriment leur sentiment de fatigue, de séquences répétitives, où il est parfois difficile pour elle/lui de se poser et de se retrouver. Mais lorsque les domiciles sont assez proches, que les relations entre parents sont suffisamment fluides pour permettre le dialogue et l'écoute de leur enfant, alors oui, la arde alternée fonctionne bien.

La garde alternée est sûrement une bonne réponse pour les parents, de garder le lien avec leur enfant mais l'enfant lui-même s'y retrouve t il ? 
J'ai reçu cet article que je partage aujourd'hui (via le site "le furet" clic !), peut être va t il  m'aider à y voir plus clair et à saisir des enjeux qui m'échappent... 

Des réponses pour cerner autrement ''LA RÉSIDENCE ALTERNÉE après séparation des parents''


Suite à la pétition, « Danger législatif : la résidence alternée imposée à tout âge », un collectif de chercheurs, pédopsychiatres, psychanalystes, sociologues et autres  professionnels de la petite enfance, dont le Furet fait partie, propose d’autres éléments de réflexion sur cette problématique.

 Ces  réponses dépassionnées vous permettront d’appréhender différemment  ces questions sur la résidence alternée de l’enfant après séparation des parents qui font actuellement débat dans notre société.
Par cette lettre, le collectif souhaite vous permettre d’articuler cette problématique autour de différents points majeurs :
> l’égalité des droits d’un père et d’une mère devant l’exercice concret de l’autorité parentale ;
> la reconnaissance de la liberté des individus d’organiser leur vie privée et familiale comme ils le souhaitent en prenant en compte l’intérêt de tous les membres de  la famille ;
> la protection de la santé psychique des enfants ;
> la lutte contre la domination masculine.



>Lire ci-après la lettre...


09 avril 2012

Un arrêté met en place le diplôme d'Etat de médiateur familial

Le Journal officiel du 29 mars 2012 publie un arrêté du 19 mars relatif au diplôme d'Etat de médiateur familial. Ce texte consacre une profession qui s'est fortement développée au cours de ces dernières années, même si elle reste encore assez marginale parmi les grands métiers du secteur social, avec 269 services actifs en 2010, employant 629 médiateurs familiaux professionnels, soit 260 postes en équivalents temps plein.


L'arrêté du 19 mars 2012 précise notamment que la formation de médiateur est ouverte aux candidats justifiant de l'un des diplômes suivants : un diplôme national, au moins de niveau III, mentionné au titre V du livre IV du Code de l'action sociale et des familles ou au livre III de la quatrième partie du Code de la santé publique (les différents diplômes de travailleurs sociaux ou de personnels paramédicaux) ; un diplôme national, au moins de niveau II, en droit, psychologie ou sociologie ; un diplôme national au moins de niveau III et trois années au moins d'expérience professionnelle dans le champ de l'accompagnement familial, social, sanitaire, juridique, éducatif ou psychologique. La sélection des candidats remplissant ces conditions se fait sur la base d'un dossier et d'un entretien de la commission de sélection de l'établissement avec le candidat.

La formation comporte 595 heures d'enseignement, dont 105 heures de formation pratique, et se déroule sur une durée maximale de trois ans. Le gros de l'enseignement consiste en une unité de formation principale portant sur le processus de médiation et l'intégration des techniques de médiation (315 heures), complétée par des cours de droit, de psychologie et de sociologie.

L'arrêté du 19 mars propose en annexe le référentiel professionnel du médiateur familial. Après avoir rappelé que cette activité a été officialisée par la loi du 4 mars 2002 relative à l'autorité parentale, celui-ci précise que "la médiation familiale est un processus de construction ou de reconstruction du lien familial, axé sur l'autorité parentale et la responsabilité des personnes concernées par des situations de conflits ou de rupture familiales [sic]".  

Elle est mobilisée pour les situations telles les divorces, les séparations, les décès, les situations de conflits et les ruptures de communication au sein de la famille, les situations familiales à dimension internationale dans le champ de la protection de l'enfance ou encore les questions successorales et patrimoniales. Le médiateur familial - qui "investit une posture de tiers, qui s'inscrit dans une relation ternaire" et n'exerce aucun pouvoir de décision - a notamment pour mission de faciliter le rétablissement du dialogue, les liens de communication entre les personnes, leur capacité à gérer le conflit, ainsi que leur capacité à négocier. Environ le quart de leurs interventions se fait toutefois sur l'injonction d'un juge.
 
 Les médiateurs familiaux sont employés principalement par les associations spécialisées et par les caisses d'allocations familiales. Le financement des services de médiation familiale est assuré avant tout par les CAF et les caisses de mutualité sociale agricole (55%), ainsi que par l'Etat (19%). Les collectivités territoriales financent désormais environ 15% de cette activité (10% pour les départements, 3% pour les communes et 2% pour les régions).

Jean-Noël Escudié / PCA   Publié par : http://www.localtis.info

Références : arrêté du 19 mars 2012 relatif au diplôme d'Etat de médiateur familial (Journal officiel du 29 mars 2012).

13 mai 2009

Toute vérité biologique n’est pas bonne à dire ...

Un article de Jean Pierre Rosenczveig (raccourci !), dont nous avait parlé recemment Hélène et qui me semble intéressant d'apporter à la réflexion...

Bonne lecture !

"Faut-il libéraliser le recours au test ADN pour établir la vérité sur la filiation paternelle ? La loi française est en effet très stricte. Seul un juge – en l’espèce le président du T.G.I. – peut autoriser le recours à ces tests dans le cadre d’une action en justice portant sur la filiation. Tout contrevenant encourt une peine d’un an d’emprisonnement et de 1500 euros d’amende. Ainsi il est impossible à une personne d’obtenir cette autorisation sur le simple désir de vérifier si son père est bien son géniteur. Dixit le ministère de la justice, 1300 à 1500 tests seraient ainsi ordonnés chaque année pour quelques 3700 affaires de contestation de paternité

Chacun des spécialistes du sujet s’accorde à constater que, plus en plus en plus de français contournant cette législation, commandent ces tests à l’étranger. Ces labos recrutent via internet. Les résultats de ces prélèvements de salive arrivent rapidement par retour de courrier. Ils sont plus ou moins fiables selon la qualité des instituts. Ce commerce est lucratif : il en coûte de 159 à 700 euros.

Tout logiquement dans le cadre des révisions des lois sur la bioéthique, certains prônent que le législateur français lâche du lest sur ce point et généralise la possibilité du recours au test ADN.

...

Je milite de longue date pour la reconnaissance du droit de l’enfant à accéder s’il le demande à son histoire. J’affirme que sa construction lui appartient autant qu’à ses géniteurs. Nous n’étions pas nombreux sur cette base dans les années 80 : 11 % dans un sondage SQFRES de 1985 si ma mémoire est bonne. Aujourd’hui bien plus de personnes sont convaincues de ce que le droit à l’histoire est un droit essentiel pour tout individu, sinon un droit humain fondamental. La loi de 2001 sur l’accès aux origines pour les enfants nés sous « X » a été votée sans trop de remous. Loi de compromis comme je l’ai déjà développé ici, mais loi qui venait de tellement loin qu’il n’était pas inutile de ménager une étape : on affirme un droit de l’enfant auquel finalement la mère peut s’opposer si elle maintient sa volonté de secret. Ce compromis nous l’avons accepté en espérant qu’à terme on en finisse avec l’accouchement sous « X », spécialité française et luxembourgeoise où des adultes peuvent délibérément priver un enfant de sa filiation avec la caution de l’Etat sous prétexte qu’on veut lutter préventivement contre les infanticides sachant que rien ne démontre que, dans les pays qui ne connaissent pas l’accouchement sous « X » soit l’immense majorité en Europe, l’infanticide soit galopant.En voulant légaliser la possibilité de recours au test génétique on passe à une autre étape qui mérite d’être réfléchie à deux fois.

On nous dit - la revue scientifique The Lancet - qu’un enfant sur 30 n’aurait pas pour père génétique l’homme que la société lui donne pour père juridique par déclaration ou par présomption.

...

En tout cas un nombre important d’enfants nés dans le mariage n’ont pas pour père le mari de l’épouse et d’une manière générale beaucoup d’enfants se voient donner une filiation qui ne correspond pas à leur origine biologique. En 1804, Napoléon, avec sa présomption Patern is est , qui réputait : tout enfant né d’une femme mariée qui le déclare sous son nom d’épouse comme étant né du mari. Il avait le souci de la paix des ménages et de l’ordre social.

...

En d’autres termes, sommes-nous prêts à admettre que la vérité biologique vienne faire la loi dans nos univers familiaux ?

On peut le souhaiter au nom de la morale, mais cela suppose un sacré débat social quand la filiation est certes une question biologique, mais aussi une question d’affection. Ne dit-on pas couramment que c’est la mère et l’enfant qui font le père. Admettons aussi qu’un bref regard sur les photos de famille posées sur la cheminée rassure ceux qui s’interrogent.Dit autrement je ne suis pas sûr qu’il soit possible de généraliser le droit de savoir la vérité de la conception sans en étendre l’exercice aux enfants, mineurs ou majeurs, comme aux adultes.
...
Notre société qui a su trouver un équilibre entre le biologique et l’affection ne peut pas basculer dans le tout-biologique pour rassurer les inquiets chroniques. Ou alors il faut assumer totalement l’enfant venu d’ailleurs. Soyons lucides : on en est loin.Je ne suis donc pas favorable personnellement à ce qu’on étende les possibilités légales de recours aux tests génétiques même au nom du droit de l’enfant de savoir, a fortiori dans l’intérêt des adultes.
...
Le législateur au nom de l’intérêt général pense encore que toute vérité familiale n’est pas bonne à dire pour sauvegarder la paix sociale. On cède sur le droit des enfants à connaitre leur histoire, mais dans l’intérêt des enfants. Il s’agit d’un compromis intelligent."


Article de J.P. R. dans Blog LeMonde.fr

08 décembre 2008

Société en crise / Crise de sociétés.

Cours de P. PEDRO.

La société bouge à grande vitesse, fonctionne au rythme de la finance : il se prépare une crise de l'avenir, il est urgent de la comprendre.

La société se complexifie, on ne peut imaginer les conséquences des décisions prises. Nos relations interpersonnelles transforment complètement nos identités.

Nos ados vivent dans un monde technologique.

La France est une société de statuts, hiérarchisée, datant de l'ancien régime. La société anglo-saxonne a 10 ans d'avance.

Cf. Charles TAYLOR : « Une société fragmentée est celle dont les membres éprouvent de plus en plus de mal à s'identifier à leur collectivité politique en tant que communauté. Cette faible identification reflète peut-être une perspective atomiste qui amène les gens à considérer la société d'un point de vue purement instrumental. Mais la société accentue aussi cette perspective atomiste parce que l'absence de perspective partagée renvoie les gens à eux-même. »

Atomisation : l' atome est incertain, flotte, la société devient liquide, coule.

Existera-t-il encore une société dans l'avenir?

Le droit individuel se développe de plus en plus, alors que le Droit de la famille est remis en cause. Le « chacun son Droit » rompt le lien social, érode la société.

Cf. Michel HOUELLEBECQ : « Les particules élémentaires ».

Le Droit se retrouve aujourd’hui à l'état gazeux, il est flexible : Est-ce encore du Droit?

La société actuelle avance par scandales, par chocs politiques. Notre droit est relié à une culture, le « Droit » est un artifice de langage.

Il existe un « no man’s land » de société où se situe l'adolescence. On ne la comprend pas, ni ne la prenons en compte..

D'après Boris CYRULNICK, soit on décide d'être spécialiste et on cumule des informations sur un point précis ( on sait tout sur ce point mais rien sur le reste), soit on voit un peu partout et on sait rien de précis mais on saisit l'Homme, dans sa complexité.

Actuellement notre vision de l'identité est confondue avec une seule appartenance. Il y a risque de fermeture.

Notre société, composée comme une tour de Babel, est de plus en plus complexe, il y a risque de ne plus se comprendre, cela déclenche une peur réciproque.

3 changements considérable dans les liens qui nous rattachent les uns et les autres.

· Une crise de la relation au temps

Le droit est fondé sur le temps. Pour penser notre société il y a prise en compte du passé, du présent et de l'avenir, mais cela n'est plus articulé. Le temps s'étire en longue durée, les statuts de parent et enfant sont les mêmes à présent.

Que vont vivre nos enfants? Le passé est souvent oublié, devenu incompréhensible, la mémoire est oubliée et il manque le recul du « temps long ».

Le présent est pesant car vécu en temps réel dans une culture de l'immédiateté (mail, portable).

Le futur paraît indiscernable. Gouverner en principe c'est prévoir, mais...

· Une crise de relation à l’espace.

La société rurale a évolué, il n'y a plus que 4% de ruraux, les déplacements sont plus rapides. Avec l'évolution constante, l'espace change, l'espace intergénérationnel également.

En 1968, il y a eu affrontement générationnel, mais maintenant il y a juxtaposition et même concurrence entre plusieurs générations.

Le pouvoir appartient aux individus de 60 à 70 ans et ayant un bon pouvoir d'achat. Il y a peu de dialogue entre les générations.

En banlieue, jeunes et adultes n'ont rien à se dire.

· Crise de la relation à la norme.

Avec la montée de l'individualisme, on veut défendre ses droits, mais chacun essaie de trouver ses propres repères en lui-même. Chacun veut être le chef de projet de sa propre vie et désire une grande liberté.

L'individualisation de la société crée des stratégies sélectives. Dans une société d'individus, il y a un égalisme positif et un égalisme négatif. Dans l'égalisme négatif, les gens se replient sur eux-même et sont inquiets, anxieux.

Les jeunes représentent un égalisme négatif avec une montée en force humanitaire. Avec la crise de la transmission, il y a méfiance envers les autres générations. Le refuge peut se trouver dans l'intime, la famille.

Trois autres crises s'ajoutent à celles du temps, de l'espace et de la normalité :celle touchant au domaine de l'état, de la famille et de l'industrie.

La crise étatique.

Elle est liée à la crise de l'état providence et à la crise de l'encadrement normatif voulu par l'état, c'est à dire,que les français acceptent de moins en moins ce qui vient d'en haut. C'est une volonté de l'individu de se soustraire du collectif.

Il y a volonté d'avoir une protection (mutuelle, assurance, acquis sociaux, etc) mais tout en se tenant à distance du collectif, en bref, avoir une protection collective que quand on en a besoin.

Il y a aspiration à se brancher et débrancher à volonté.

Notes de Michèle (sep 2009), article par Martine.