15 janvier 2019

Pierre Benghozi :congrès de Hyères 2019


Des nouvelles de Pierre BENGHOZI !



Pour celles et ceux qui auront la chance d'y aller, soit personnellement, soit par leur institution... 
le Congrès International Francophone de HYERES se tiendra   les 28 Février et 1 Mars 2019 au Forum du Casino de HYERES LES PALMIERS sur le thème :

« AMOUR ET PSYCHE, ENJEUX CLINIQUES DES LIENS dans les couples, les familles, les groupes, les institutions »

Plus d'information sur le site : https://congresdehyeres2019.blogspot.com/
Nous sommes à votre entière disposition pour répondre à vos questions
Bruno. Manuel 06 60 99 59 47 - manuel.13012@gmail.com
Dr Pierre BENGHOZI coordination Scientifique IRP

11 janvier 2015


Une lecture sur la voie de la complexité et de la réflexion ... 

La pensée complexe ...
...qui nous  a été inculqué obéit essentiellement à des principes de disjonction, de réduction et d'abstraction. Il isole les objets de connaissance les uns des autres, et il rend donc difficile l'appréhension des solidarités, interactions et implications mutuelles qui lient ces objets. Il privilégie la connaissance des unités de base ou des parties constituant les systèmes, sans nous inciter à opérer une navette cognitive des parties au tout et du tout aux parties. Nous disjoignons et ventilons en différentes disciplines les fragments des ensembles organisés dont notre mode de pensée a brisé l'unité. L'hyper-spécialisation qui morcelle le tissu complexe des phénomènes donne finalement à voir comme seul réel sa fragmentation arbitraire. Par ailleurs, l'abstraction incontrôlée tend à considérer les formules et les équations comme seules réalités. On en arrive à une intelligence aveugle qui isole les objets les uns desautres, les soustrait à leur environnement, désintègre les ensembles, systèmes et totalités. Nous devenons ainsi de plus en plus aveugles aux phénomènes concrets, aux réalités globales et aux problèmes fondamentaux.



Aussi, ce mode mutilant d'organiser notre pensée nous aveugle plus profondément que l'erreur d'observation ou l'incohérence logique.
Quand elle s'applique aux êtres humains, la pensée mutilante et unidimensionnelle se paie en souffrances, et hélas la mort. Un monde complexe émerge. Mais la pensée simplifiante n'est pas morte et la pensée complexe essaie de naître.
Complexus : ce qui est tissé ensemble. Le complexe nous apparaît lorsque un et multiple, tout et parties, objet et environnement, objet et sujet, ordre/désordre et organisation sont inséparables et interdépendants. Il y a, non pas une complexité, mais un tissu de multiples complexités les unes empiriques (désordres, aléas, complications, inter-rétroactions enchevêtrées), les autres logiques (insuffisances de la causalité linéaire, indécidabilités, contradictions qui surgissent à partir de l'examen rationnel des données ou phénomènes).
La complexité est une question, non une réponse. La complexité est un défi à la pensée et non une recette de pensée. La complexité n'est pas l'exhaustivité, mais la reconnaissance des incertitudes et des contradictions qui limitent la connaissance. La pensée complexe se propose de négocier avec les incertitudes et les contradictions. La pensée complexe vise, non pas à annuler par les idées claires et distinctes, les déterminismes, les distinctions, les séparations, mais à les intégrer.
La pensée complexe comporte en elle le principe des solidarités et implications mutuelles entre objets arbitrairement séparés et isolés. Elle appelle le renvoi mutuel des parties au tout et du tout aux parties. Elle s'efforce de reconnaître, partout où elles sont en oeuvre, les dialogues d'ordre/désordre/organisation. Elle conçoit l'implication mutuelle entre systèmes et écosystèmes. Elle pose ses objets de connaissance comme les produits d'une coopération entre une réalité objective et les opérations mentales des observateurs/concepteurs.



Dans son mouvement même, la pensée complexe tend à : surmonter le divorce entre science et philosophie, et établir leur dialogue;
  • problématiser l'actuelle organisation disciplinaire et cloisonnée de la connaissance et chercher à lier ce qui est disjoint;
  • affronter le défi que la complexité des phénomènes pose à la pensée dans tous les domaines, y compris politiques;
  • situer le monde humain, non au-dessus du monde vivant, mais émergeant de celui-ci, lui-même émergeant du monde physique;
  • concevoir la relation anthropo-bio-cosmologique à partir des acquis et des incertitudes du savoir contemporain;
  • réinterroger la raison humaine, ses possibilités et ses limites;
  • explorer le continent le moins connu de tous: celui de l'esprit humain qui élabore la connaissance.
La pensée complexe se donne pour mission de promouvoir une connaissance qui apporte l'aptitude à se connaître elle-même, qui s'ouvre sur la solidarité planétaire et cosmique, qui ne désintègre pas le visage des êtres et des existants. Une telle connaissance favorisera l'action, non pas ordonne, mais organise, non pas manipule, mais communique, non pas dirige, mais anime.
La pensée complexe peut difficilement s'enseigner dans le cadre du système de pensée dominant et on ne pourrait l'instaurer de façon seulement institutionnelle. La reforme des principes/règles gouvernant les raisonnements et théories est une tâche multiple, qui nécessite la convergence d'efforts encore dispersés.
C'est dans le sens de la déclaration d'intention ci-dessus qu'oeuvrera A.P.C., Association pour la pensée complexe:
http://blogs.mediapart.fr/blog/anaxagore/280710/la-pensee-complexe

29 janvier 2014

Présentation du film et de l'affiche contre le harcelement à Embrun



Magnifique affiche réalisée par l'ensemble de la communauté éducative de l'Embrunais : Collège les Ecrins Lycée Honoré Romane, LP Alpes et Durance, écoles du secteur....

Photo prise par un drone, les participants ont ainsi réalisé sur la neige le logo imaginé par les élèves.

UN projet récompensé par le prix national "non au harcèlement" et récompensé par le ministre de l'éducation nationale Benoit Hamon, à Paris, qui a reçu une délégation d'élèves, le chef d'établissement adjoint et des professeurs, tous mobilisés dans ce magnifique projet

11 décembre 2013

''LA RÉSIDENCE ALTERNÉE après séparation des parents'' , une délicate question

En tant qu'AS scolaire, je reçois de nombreux enfants et ados entre 11 et 18 ans qui sont en garde alternée. 
Cette solution , souvent acceptée par tous, me questionne  aussi. Certains jeunes expriment leur sentiment de fatigue, de séquences répétitives, où il est parfois difficile pour elle/lui de se poser et de se retrouver. Mais lorsque les domiciles sont assez proches, que les relations entre parents sont suffisamment fluides pour permettre le dialogue et l'écoute de leur enfant, alors oui, la arde alternée fonctionne bien.

La garde alternée est sûrement une bonne réponse pour les parents, de garder le lien avec leur enfant mais l'enfant lui-même s'y retrouve t il ? 
J'ai reçu cet article que je partage aujourd'hui (via le site "le furet" clic !), peut être va t il  m'aider à y voir plus clair et à saisir des enjeux qui m'échappent... 

Des réponses pour cerner autrement ''LA RÉSIDENCE ALTERNÉE après séparation des parents''


Suite à la pétition, « Danger législatif : la résidence alternée imposée à tout âge », un collectif de chercheurs, pédopsychiatres, psychanalystes, sociologues et autres  professionnels de la petite enfance, dont le Furet fait partie, propose d’autres éléments de réflexion sur cette problématique.

 Ces  réponses dépassionnées vous permettront d’appréhender différemment  ces questions sur la résidence alternée de l’enfant après séparation des parents qui font actuellement débat dans notre société.
Par cette lettre, le collectif souhaite vous permettre d’articuler cette problématique autour de différents points majeurs :
> l’égalité des droits d’un père et d’une mère devant l’exercice concret de l’autorité parentale ;
> la reconnaissance de la liberté des individus d’organiser leur vie privée et familiale comme ils le souhaitent en prenant en compte l’intérêt de tous les membres de  la famille ;
> la protection de la santé psychique des enfants ;
> la lutte contre la domination masculine.



>Lire ci-après la lettre...


08 novembre 2013

Colloque national « Avenir de la formation pour le travail social »

Les jeudi 12 et vendredi 13 décembre 2013  
à l’IRTS de Montpellier

Organisé par l’Institut Régional du Travail Social-LR en partenariat avec le PREFIS (Pôle Ressources Recherche Formation Intervention Sociale).
Avec le soutien de la Région LR, d’UNAFORIS (Union Nationale des Associations de Formation et de Recherche en Intervention Sociale) et de la MAÏF.
Objectif du colloque : Les organismes de formation en travail social connaissent des évolutions considérables avec la perspective de mise en place de Hautes Ecoles Professionnelles d’Action Sociale et Santé (HEPASS).
Ce colloque national à pour but d’appréhender les enjeux actuels des évolutions des formations en travail social en s’appuyant sur une analyse historique de la création des premières écoles.
Ces deux journées seront composées par des conférences, discussions, débats, tables rondes et animées avec des interlocuteurs spécialisés du secteur de l’intervention sociale ; des Professeurs, sociologues, psychiatres 
Programme détaillé avec le contexte, les enjeux actuels, la liste des intervenants et le déroulement des journées. 
Bulletin d'inscription

Plus d'information : laurence.chavatte@irts-lr.fr / 04 67 07 82 87

laurence.chavatte@irts-lr.fr / 04 67 07 82 87


27 mars 2013

Agir contre le harcèlement : 2ème !!!


Vous êtes cordialement invité à l'événement
"Agir ensemble contre le harcèlement entre adolescents"
Mercredi 27 mars 2013
             19h30 à la salle des fêtes d'Embrun (Hautes-Alpes) 
Cause café : Conférence-débat en présence des co-auteurs du livre

« Harcèlement et brimades entre élèves, la face cachée de la violence scolaire », avec Jean Pierre Bellon et Bertrand Gardette.
 Ouverture de la conférence par M. Pierre Barrière, Directeur académique des services de l’Education Nationale des Hautes-Alpes 
En présence de Mme Giralté, chargée de mission auprès de la délégation ministérielle et en charge de la relance de la campagne sur le harcèlement au niveau national,
 ainsi que de Mme Debourdeau référente départementale de la Cellule "stop Harcèlement 05"

24 mars 2013

Agir ensemble contre le harcèlement entre adolescents

Un projet à l'initiative et mis en place par le Collège des Ecrins à Embrun (Hautes-Alpes) et l'association  "Euroscope", en collaboration avec de nombreuses instances et institutions partenaires (MDA, REAPP, Préfecture, Rectorat, ville d'Embrun), rendez vous mardi 26 mars au cinéma le Roc.



18 mars 2013

prévention contre le harcèlement à l'école : à Embrun du 24 au 29 mars 2013

Un projet mené par la cité scolaire d'Embrun et le lycée professionnel Alpes et Durance, en partenariat avec l'association embrunaise "Euroscope " :

Un événement à ne pas manquer au cinéma d'Embrun : mardi 26 mars à 20 h 30


dans le cadre de la semaine "Agir ensemble contre le harcèlement entre adolescents"

(entrée 3 euros )
cinédebatharc.PNG

Un autre événement à ne pas manquer, à la salle des fêtes d'Embrun ,
dans le cadre de la semaine "Agir ensemble contre le harcèlement entre adolescents"

 mercredi 27 mars 2013 19 h 30, avec les auteurs de " Harcèlement et brimades entre élèves " : Jean-Pierre Bellon & Bertrand Gardette (livre en vente par la librairie Charabia, sur place). Entrée libre et gratuite.

Cause caféharc.PNG


  C'est aussi toutes une série d'actions déclinées au sein des établissements scolaires, collège et lycées du secteur, ici .


 Et une expérience pilote , à reprendre ailleurs, à lire là, dans le site "contre le harcèlement" du ministère de l'éducation nationale .

20 janvier 2013

"Créer un souvenir du futur" par Isabelle Farcy Haid

Isabelle Farcy-Haïd a suivi un stage avec Guy Hardy,
directeur d’un centre d’intervention auprès de familles en difficulté, thérapeute familial, formateur en approche systémique et en Programmation Neuro-Linguistique. 
Elle nous livre ici ses impressions et les idées fortes qu'elle a notées tout au long de ces journées. Surprise et créativité ...
     Gioia Cordovani
Se former c’est se déformer pour mieux se reformer. Il  est toujours temps pour nous travailleurs sociaux de s’émanciper de nos pratiques au travers de nouvelles rencontres. Il en est UN qui se régale à nous torturer l’esprit, à heurter nos consciences professionnelles et vulgariser notre façon d’être et de faire. Et bien il est « HARDY » celui-là…oui c’est lui, Guy HARDY ! 

« Je rencontre beaucoup de travailleurs sociaux et je suis frappé de voir combien ils sont souvent seuls face à des situations très lourdes. Il y a pourtant une équipe et des discussions d’équipe, mais celles-ci sont consacrées plus à exposer et à comprendre les cas qu’à soutenir l’intervenant et à l’aider à identifier le jeu relationnel dans lequel il est pris, souvent à son insu. »([1])
Il arrive l’air de rien…se présente et nous dit qu’il faut arrêter de travailler comme on le fait depuis des années avec les « Gueux » !
Avec les quoi ? Les regards se figent, il est le point de mire des professionnels qui l’attendent au tournant. Mais c’est qu’il ne se démonte pas : « Oui, les gueux ! Au sens propre du terme, ceux qui méritent l’aumône, qui méritent qu’on prenne soin d’eux ! »
Ça y est le ton est donné. S’en suit la présentation d’une multitude de récits de vie, d’expériences vécues avec des familles. Cet orateur captivant nous nourrit alors d’images, tel un conteur il nous transporte dans son univers aux multiples facettes.
Objectif : aider les non demandeurs d’aide.
Il nous met face à ce paradoxe que l’on retrouve dans tout type de relation humaine : vouloir que l’autre sache ce que je veux qu’il sache sans que je lui dise. Ajoutons l’injonction faite aux familles : «Il faut que tu changes mais je veux que tu veuilles TE changer et je veux que tu veuilles de l’aide pour cela. "
Ce n’est pas une mince affaire, par quel bout prendre la pelote maintenant qu’il faut (re)tricoter ?
Il sort alors de sa besace des outils connus des travailleurs sociaux, PNL, systémie, proxémie pour les injecter dans sa pratique relationnelle.
Mais surtout il est contagieux cet homme là ! Il dégage une telle dose d’optimisme, d’énergie et de vitalité qu’il nous entraine dans son sillage.
Il nous parle sans cesse de « soleils » qui s’allument, il les mime ces soleils, il les fait s’éclairer au dessus de la tête de chacun de nous…de chacun d’eux !
Alors que la culpabilité est tournée vers le passé, Mr HARDY nous demande de travailler le sens de la responsabilité avec les familles qui elle est tournée vers le futur… demain et après-demain.
« Et bien oui ! Hier et avant-hier pour en faire quoi ? »
Bon allons y, chacun des participants se lancent, mouille sa chemise dans les jeux de rôle, pas de doute, c’est le chaos pour tout le monde.
Maria-Luise Bodirsky
 « D’habitude je mène mon entretien comme ça, là c’est plus possible, surtout ne plus poser la question : POURQUOI ? (culpabilité) Mais… ET DEMAIN ? (responsabilité) ».
 « Et demain comment se sera pour vous ? »  C’est là qu’intervient toute la générosité de Guy HARDY, il faut créer un souvenir du futur pour ces familles ou pour cet individu !

C’est parti ! Du rire, des grands moments solitude, des instants d’illumination et cette confiance en soi qu’il faut cajoler sans cesse pour nous professionnels au service de l’humain.  Soyons créatifs, tiens j’ai déjà entendu çà quelque part !                                     

Au final ce qu’il veut Guy (je peux l’appeler Guy, il ne m’en voudra pas !) c’est nous faire passer par 4 stades d’apprentissage :
-      1) Inconsciemment incompétent
-      2) Consciemment incompétent
-      3) Consciemment compétent
-      4) Inconsciemment compétent
Et il nous laisse faire le grand écart entre la 2ème  et la 3ème étape, autant dire qu’il y a encore du boulot pour arriver au bout !

Ça sert donc à cela les formations mettre en chantier les us et coutumes du champ social ? Oui réinventer encore et encore !

Francis Herrero

Mr HARDY JE NE VOUS DIRAIS QU’UNE SEULE CHOSE : « Il faut être illuminé de l'intérieur pour éclairer à l'extérieur. » (François Garagnon)



(1)    [1] [1]« S’il te plaît, ne m’aide pas ! » - Guy HARDY – érès – Editions jeunesse et droit – 2001.[1]

27 décembre 2012

Fin de la consultation réciproque avec supervision (4)

Fin de notre consultation réciproque avec supervision de Pierre Benghozi et du groupe résonnant du CRAF 05.... J'espère que vous aurez eu plaisir et intérêt à lire cet exposé. Je vous souhaite à tou(te)s de très bonnes fêtes de fin d'année !
Martine 


Sonia : C’est à dire… Nous sommes dans un hébergement qui peut être renouvelable.
PB : Combien de fois ?
Sonia: Dans le cas de Mme B., c’est quelqu’un qui risque … qui peut rester chaque fois 3 mois renouvelable.
Dora : Théoriquement les financeurs acceptent jusque fin mars 2008, mais on la laissera pas dehors…
PB : Ce nouveau paramètre construit tout le reste !
Quel type de lien, quel investissement, quel relais à penser ? C’est le cadre qui construit ce questionnement.
Nathalie : C’est un cadre souple.

PB : Non, c’est un cadre flou...
C’est essentiel et du coup ça construit complètement votre travail.
Avec une contrainte, Mme B. a montré ses ressources.
Sans cadre, elle ne peut se construire.
Le flou construit son insécurité, sa propre confusion. Elle semble du mal à repérer le dedans et le dehors, le Moi et le Non-Moi… Le lien avec l’autre se construit sur ce flou, ouvre la porte à toutes les incertitudes anxiogènes.


Dés l’admission, les critères sont à penser pour avoir un sens.
Sonia : Normalement c’est un an, mais on peut le revoir…
Pierre : Oui c’est négociable... et pas négociable !
Kate : Dans un flou, quand travaille-t-on la sortie ?
Dora : Notre objectif premier est de reloger les personnes. Donc on le travaille tout le temps.
Pierre : La spécificité du cadre est fondamental. C’est ce qui permet le projet.
Nathalie : J’entends qu’on travaille cette sortie, avec des solutions. Vous, vous avez aussi en tête que, de toute façon, il y aurait d’autres solutions que le CHRS.
Jeanne : “On est pas tout et pour toujours”… Pour moi, cela résonne fort, c’est comme pour des parents : ils posent une contrainte à leurs enfants, mais cette position de contrainte est fondatrice.
Pierre : Cela est très éclairant pour la situation de Mme B.!
Elle rejoue avec l’institution l’absence de clarté.

Brancusi
    Dans une relation claire parent/enfant, l’individuation se construit : Même si il y a distance, cela ne signifie pas rupture du lien mais inscription dans le lien.

Or pour les personnes comme Mme B. cet espace- là n’est pas construit dans la clarté, mais dans un vécu abandonnique. Je me mets en situation de dépendance car là j’existe pour l’autre et il ne peut y avoir séparation car séparation = mort.

Ainsi si l’institution rejoue cette impossibilité de séparation, se rejoue ce paradoxe d’agglutination abandonnique.

C’est cet effet de haut et de bas dont l’équipe CHRS parlait, “la vague” s’inscrit dans la continuité.
Dans la souffrance du lien, les personnes jouent sur la relation. Ils entretiennent non pas un lien de dépendance mais une relation de dépendance.
C’est pour cela que l’ambiguité existe dans les prises en charge sociales où on se situe alors dans le “béni-oui-oui”, un prétendu “humanitaire”mais on ne construit pas, par manque de cadre clair.

David : Je voulais juste noter que Mme B. désigne tour à tour le CHRS et le CAQ comme équipe soignante,  selon son interlocuteur.
Pierre : Mais cela est possible uniquement parce que les personnes sont d’accord !
Dora : Non, cela est recadré, c’est elle qui dit cela et lorsqu’on la renvoie vers le cadre, elle refuse.
Pierre : Ce sont des résistances alors.
David : Elle parle uniquement du moment. Il n’y a aucun travail possible sur son histoire.
Jeanne : Vous interpellez les autres structures autour de ce travail ?
David : Elle utilise plusieurs lieux mais de façon inadéquate.
Laurence : Je l’ai reçu une fois à l’OPHLM, elle présente bien. Elle vient accompagnée de sa nièce, se fait passer pour une victime, demande un logement… Elle montre ce qu’elle veut. On est dans l’incertitude avec elle.
Sonia : Travailler avec l’équipe ou avec Mme B.? Je ne sais pas…
Laurence : On hésite à relayer, comme si on nous refilait le bébé. Le flou nous soulage, au moins au moins on sait que l’équipe du CHRS intervient en cas de problème.
Pierre: Comme si elle ne pouvait pas vivre sans une autre dépendance.
Sonia : C’est pourquoi on avait pensé à la tutelle.
Kathe :On parle de bébé, on est dans l’affect.
Pierre : Sauf que c’est pas un bébé si passif que ça… Qui est pris dans cet affect ?  On dirait que l’OPAC est dans un représentation de dépendance. Comment la sortie peut-elle être travaillée?  Non pas comme une rupture chirurgicale (d’une dépendance à une autre) mais au contraire comme le passage à un  autre lieu, passage qui va être construit.
L’équipe peut se situer dans un accompagnement, dans un temps de transformation et non pas de répétition.

En conclusion : 

Pierre au groupe  : est ce que cela vous a aidé ?
Laurence : Cela permet de poser des questions autour de cet espace temps, de repositionner les énergies autour de questions que l’on avait un peu oubliées.
Sonia : Cela permet de repenser le lien entre Mme B. et nous.
David : J’étais là avec vous pour apporter mon éclairage, construire des soins. Quelque soit son hébergement, Mme B. sait qu’elle peut venir nous rencontrer.
Pierre : C’est un espace-temps différent.

Bonne année !!!